Le blog d'André Flahaut
Et pour cadeau :
UN NOUVEAU PLAN STRATEGIQUE DE PARTENARIAT PREFERENTIEL
Nous sommes actuellement devant le constat suivant : nous savons que la décision de principe qui a été prise par le
gouvernement est de répondre positivement à une invitation à S.M. le Roi par les autorités congolaises dans le cadre des festivités en l’honneur du cinquantième anniversaire de l’Indépendance de
la République Démocratique du Congo.
Cette réponse positive fait très certainement plaisir aux autorités congolaises, tout comme aux autorités belges et à la société civile.
Il faut dire que la réponse à cette invitation potentielle avait fini par s’entourer de mystère, jusqu’à devenir presqu’un grand secret de polichinelle.
Face à cette réponse positive, il est nécessaire de réfléchir.
Réfléchir, par exemple, à ne pas poser des actes qui pourraient être interprétés d’une manière à porter atteinte à la pérennité des relations bilatérales entre les deux Etats. Il est
indispensable d’assurer une réelle compréhension ainsi qu’une bonne préparation de cette réponse, par ailleurs hautement symbolique.
Pour rappel, la République Démocratique du Congo est un Etat souverain qu’il convient de considérer comme tel.
Notons au passage que cela n’a pas toujours été évident pour tout le monde.
Notre responsabilité est de faire en sorte que cet anniversaire soit le moment
de marquer un nouveau point de départ pour les relations entre la RD Congo et la Belgique.
Cette relation serait basée sur la notion de partenariat qui impliquera le respect mutuel et la
transparence, d’échanges en toute franchise des informations sur les contextes propres des uns et des autres.
Ceci implique également l’établissement d’un calendrier, qui renforcerait les dimensions de confiance et de crédibilité.
Comment transposer ces intentions en actes ?
Il sera utile de commencer par un engagement, une déclaration de la part de la Belgique réaffirmant que la RD Congo est un Etat souverain, comme
beaucoup d’autres Etats partenaires de la Belgique, mais qu’il y aura toujours une préférence certaine
pour l’entretien de relations fortes et sincères avec la RD Congo. La raison de ceci est bien un respect particulier réciproque entre les populations, non pas uniquement des raisons
historiques L’humain sera, en tous domaines la priorité.
Si la RD Congo souhaite le soutien de l’Etat belge sur divers thèmes, tels que la sécurité, la justice
ou encore la gouvernance, il faut mobiliser l’énergie nécessaire pour s’engager dans des partenariats dans ces domaines.
Plutôt que de laisser les discours prendre le pas, pourquoi ne pas imaginer, lors de la visite de S.M. le Roi dans le cadre de ces cérémonies que
les Premiers Ministres des deux Etats signent une « charte de partenariat », qui consisterait en un engagement réciproque dans une série de
domaines, sur une base pluriannuelle, dans l’idée d’atteindre des objectifs fixés en concertation ?
Cette initiative pourrait être baptisée « Plan stratégique de partenariat préférentiel entre la RD Congo et la Belgique », un accord visant à mettre l’accent, par exemple, sur la
santé, l’éducation, l’agriculture, la formation, la recherche, l’économie, etc.
Il serait possible d’envisager la signature, en présence des Chefs d’Etat, de cet engagement réciproque par les Premiers Ministres.
Le suivi de l’exécution d’un tel engagement pourrait être soumis à un comité
d’évaluation, composé de responsables belges et congolais.
En vue de ce suivi, le Premier Ministre belge prendrait la direction d’une Task Force qui aurait pour tâche de constituer un groupe de travail de quelques personnes qui auraient pour
responsabilités d’examiner, en toute transparence et en tandem avec les Congolais, les questions autour desquelles se cristallisent certains blocages, d’autres qui posent encore questions, et,
enfin, celle pour lesquelles un consensus existe déjà.
Le défi de ce groupe de travail serait de désamorcer les questions posant problème et de permettre d’ouvrir le débat à leur sujet. Pour les dossiers sur lesquels des résistances sont manifestées, la
mission de ce groupe serait d’avancer des propositions permettant de dépasser les blocages et aboutir à une solution équitable, convenant à chacune
des parties.
Ce travail de préparation du plan que nous évoquions plus haut permettrait d’aboutir, pour le 30 juin, à un contenu moins protocolaire que des discours et des échanges de cadeaux.
Nous pourrions appeler cette fructueuse initiative : « Propositions pour un nouveau partenariat stratégique préférentiel entre la Belgique et la République Démocratique du Congo
».
N’est-ce pas le plus beau cadeau que la Belgique puisse offrir au peuple congolais qui soufflera les bougies de ses cinquante ans d’indépendance ?
André Flahaut
En recoupant les news sur mon pays, j'ai découvert votre proposition d'un Nouveau partenariat entre la Belgique et le Congo.
Ce que j'apprécie le plus dans votre proposition c'est cette idée d'un task Force pour lancer un vrai dialogue belgo congolais. Cela fait dix ans que je porte le même message : pour moi, un partenariat préférentiel entre la Belgique et le Congo est incontournable et bénéfique pour les deux parties. Mais il doit se baser sur un dialogue franc et sans complexe, ni de la parte des belges, ni de la part des congolais. Un dialogue qui évacue les relents de l'histoire, sans évacuer l'Histoire. Un dialogue qui permet de faire de notre histoire commune plutôt un atout pour affronter ensemble les défis du présent et du futur (aussi bien en Belgique qu'au Congo). UN dialogue qui permet de ne plus traîner notre histoire commune comme un goulet lourd et parfois honteux qu'on a difficile à évoquer de manière sereine...
Juste deux bémols dans votre bulletin d'humeur :
1. La responsabilité de ce partenariat n'appartient pas qu'aux belges. aller dans ce sens serait conforter les congolais et nos dirigeants dans cet espèce d'infantilisme dont l'histoire commune parle parfois avec réserve (chez les belges) et parfois avec humour et violence du côté congolais. Je crois qu'un nouveu partenariat doit être basé sur un responabilité commune. Cette responsabilité est aussi congolaise. AUssi entièrement qu'elle l'est du côté belge.
2. Affirmer que le Congo est souverain ne devrait pas signifier que le pays s'enferme dans un souverainisme de pacotille qui autoriserait ses dirigeants à tout se permettre, et exigerait des partenaires de ne plus s'exprimer. La souveraineté d'un pays se conforte aussi par les efforts que ses dirigeants consacrent à améliorer les conditions de vie de ses citoyens et à bâtir des institutions fortes. et je crois que ce sont des choses qui méritent d'être abordées dans le Task force que vous proposez...
Merci pour votre foi dans le Congo...