Le blog d'André Flahaut
Mon grand-père était cheminot. C’est lui, notamment, qui m’a ouvert les yeux sur les questions sociales et qui a été à la base de mon engagement politique. Sa vie durant – et il vécu jusqu’à 95 ans – il a gardé la fierté du travail bien fait, du service au public, il s’est battu pour la sécurité tant celle du personnel que celle des voyageurs. Il mettait, comme nombre de ses collègues, un vrai point d’honneur à ce que le travail soit bien fait, à ce qu’il y ait une vraie prise en considération de tous les éléments de sa profession, des personnes comme des machines, dans la « société nationale » comme il disait.
Quoi qu’on en dise et bien au-delà des caricatures habituelles, je suis convaincu que nombre de fonctionnaires, de cheminots, de postiers, d’autres travailleurs d’autres secteurs (télécommunications et énergie notamment), aiment leur boulot, s’y investissent avec conviction, ont le sens du devoir, de la conscience professionnelle et connaissent la fierté du devoir bien accompli.
Mais il y a les nationalisations, la mondialisation, les privatisations, les délocalisations, les libéralisations, les exigences du grand marché, l’insatiable soif des actionnaires, les dérives du « toujours plus » au détriment de bien des choses, au détriment des hommes.
Au gré des va et vient de l’Histoire sociale, sans doute devrons-nous attendre encore quelques années avant que ne tourne le vent et que les grands gestionnaires de l’économie ne se souviennent que l’Homme est plus qu’un outil de production.
A chaque catastrophe, les décideurs nous jouent bien sûr le grand jeu de la compassion de bon aloi, le temps d’une interview, et s’en retournent pressés de poursuivre leurs grandes affaires libérales
Les grands capitaines d’industrie avaient intégré les notions d’action sociale, ils ont construit des cités sociales, d’autres ont été de grands mécènes, ne restent aujourd’hui que des financiers et l’honneur méprisé des travailleurs.
Ce serait pourtant l’honneur – et même le bénéfice, c’est dire ! - du grand capital de reconsidérer enfin la dignité des hommes.
Les gens : OUI ! L’argent ? NON
André Flahaut
Je ne voudrais pas donner l'impression de tout mélanger, mais au vu de votre dernier article et de l'amour que vous portez, je pense, aux chemins de fer et aux travailleurs qui y sont associés, je me vois dans l'obligation de poser une question:
Que pensez vous donc du projet de la nouvelle gare de Mons?
Croyez-vous qu'il soit de bon ton d'investir plus d'une centaine de millions d'euros dans un nouveau projet pharaonique tel que celui de la gare de Liège-Guillemins? Coût ne tenant aucun compte de l'entretien subséquent...
J'ai déjà vu ailleurs, en réponse à cette question, être avancé comme argument positif, la "création" d'emploi qui y serait liée...
Le projet des guillemins avait suscité pareil commentaire, hors, il faut bien reconnaitre que ce ne sont que peu de travailleurs belges qui en ont bénéficié...
Par ailleurs on pourrait s'étonner que de tels projets soient même simplement envisagés, alors que près de la moitié des motrices de la SNCB datent d'avant les années 80... Et même, pour 200 d'entre elles, d'avant les années 70...
Serez-vous l'un des porte-parole des nombreux citoyens qui pensent que les priorités budgétaires actuelles (aussi bien au niveau de la SNCB, et donc de l'état, que des régions, provinces et villes) sont bien mal placées?
Merci d'avance pour la considération que vous porterez à la présente.
à la couleur de ceux qui ont accepté de décomposer une série de sociétés,
par la fait que Poste, Telephonie, Train, bus, sont toujours des sociétés publiques,
à la couleur de ceux qui aujourd'hui composent les conseils d'administration de ces sociétés et dont le degré d'incompétence et d'absence de prise de la moindre responsabilité de leurs décision est inversément proportionnelle à la rémunération qu'ils touchent...
j'ai parfois du mal à accuser une quelconque affaire libérale à etre responsable de cela...
Va-t-on vendre Belgacom aux étrangers ? La Poste ? Sabena ? la SNCB ?
Et tous les batiments publics revendus en one shot dans un sale and lease back et qui désormais coute en loyer plus de 90% du budget de la Régie des Bat ? C'est l'autorité publique qui a réalisé tout cela ! pas une quelconque société privée !
Et que l'on ne dise pas que ce sont des vieilles histoires: regardons les droits d'émission gratuit fourni à Mittal... alors que les hauts fourneaux ne tournaient pas ! C'est nous qui avons payé cela. Ou alors le bénéfice juteux des installateurs d'éoliennes... bénéfice uniquement issu de nos impots (privatisé au passage), ... l'état des routes ? ... le fait de maintenir une loterie national d'état, alors qu'elle cause une maladie (dépendance au jeu) à plus de 30000 belges ?...
Il y a un manque important de compétence et de vision dans tout cela, associé à bcp de petit profit personnel... que l'on soit dans une entreprise privée bien libérale et capitaliste (cfr crise économique) ou que l'on soit dans un secteur public (état des routes, dépenses superflues, décision sales and lease back,...)....