Le blog d'André Flahaut

 

Le tremblement de terre meurtrier survenu en Haïti a encore une fois démontré l’incapacité européenne à coordonner ses efforts en matière d’aide humanitaire d’urgence.

 

Plusieurs projets en la matière ont déjà échoué dans le passé à cause de résistances nationales ou bureaucratiques ou en raison d’ambitions démesurées.

 

A l’heure où Haïti a encore besoin d’aide, et que la mémoire du tsunami ne s’est pas encore complètement estompée, l’Union Européenne se doit de trouver une solution. Le Traité de Lisbonne, en donnant une nouvelle légitimité et de nouveaux moyens à la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ouvre de nouvelles possibilités qu’il s’agit de mettre en œuvre.

 

Ce que je propose c’est la transposition à l’échelle européenne du modèle belge du B-FAST, que j’ai contribué à créer en 1999 avec Louis Michel et Guy Verhofstadt.

 

Un centre de crise, basé à Bruxelles, pourrait, sur simple instruction de Catherine Ashton, être activé dans des délais extrêmement brefs dés que le besoin s’en ferait sentir, en faisant appel au personnel européen spécialisé ainsi qu’aux experts des Etats membres. Ce centre serait chargé d’évaluer les besoins, et pourrait en fonction mobiliser les moyens que les Etats membres et l’UE mettraient à disposition.

 

Il ne s’agit pas de créer de nouvelles structures bureaucratiques avec de nouveaux moyens financiers, un nouvel équipement et un nouveau personnel, mais simplement d’organiser de la façon plus opérationnelle possible la coordination des moyens existants, et qui sont pour l’essentiel suffisants si on prends en compte également les moyens logistiques militaires.

 

En mettant un place un système de ce type, Herman Van Rompuy pourrait démontrer que l’Union Européenne issue du Traité de Lisbonne est capable, par des solutions pragmatiques qui ne coûtent pas plus qu’un peu de volonté politique, de retrouver un peu de sa crédibilité et de son utilité sur la scène internationale.  

 


André Flahaut

 

Mar 9 fév 2010 1 commentaire
Il semble qu'il faille avant tout coordonner les actions. Savoir qui envoie de l'aide, quel type d'aide (personnel, matériel,...), pour quelle durée,... Cela vaut bien sûr pour les états. Reste toujours une coordination à assurer avec les ONG (MSF, Croix-rouge,...). Sont-elles preneuses de telles mesures car elles souhaitent avant tout garer leur autonomie d'action et financière.
didier strale - le 13/02/2010 à 22h01