Le blog d'André Flahaut

 

 

Le nouvel archevêque de Belgique est Monseigneur Léonard.

 

A priori, cela ne concerne que les catholiques et nous ne devrions point nous en émouvoir.

Mais l’on sait la place que possède encore l’Eglise dans l’Etat, place démesurée eu égard à sa réelle représentativité. On sait le maintien de son ingérence dans de trop nombreux domaines, une ingérence qui  se manifeste bien au-delà des questions morales (droit à la représentation dans nombre d’institutions par ex.).

 

On pourrait se réjouir de la désignation d’un cardinal francophone mais l’appartenance linguistique est de peu d’intérêt au regard des thèses défendues par le nouveau vicaire de Rome. Il semble évident qu’en désignant Monseigneur Léonard, Rome a voulu poser un geste de fermeté et … de fermeture, un geste de reprise en main doctrinal de l’Eglise de Belgique.

 

La Belgique étant un pays neutre et non – contrairement à la France – un état laïque, il me semble urgent de saisir l’opportunité  de cette nomination  pour poursuivre, en profondeur, le travail initié sous le premier gouvernement Verhofstadt en matière de réajustement  et de clarification des rôles de l’Etat et de  l’Eglise, de toutes les églises.

 

Laurette Onkelinx a rappelé la situation protocolaire. Je rappelle le financement imposé – au propre comme au figuré - des églises alors que le citoyen devrait pouvoir déterminer librement la destination d’une part de sa contribution. Mais cela prouverait sans doute trop clairement aux yeux d’aucuns la réalité mathématique et donc incontestable, des choix  philosophiques de notre population.

 

La division nette entre l’Etat et les églises est un impératif de démocratie. Il est temps que cessent les injonctions romaines sur la vie politique de notre pays et sur la part non négligeable de nos concitoyens qui les refusent ou qui, à tout le moins, n’en partagent pas les thèses.


Il est plus que temps que les religions, quelles qu’elles soient, reprennent le chemin qu’elles n’auraient jamais du quitter, celui de la sphère privée.


 

André Flahaut

 

 

Lun 18 jan 2010 7 commentaires
Effectivement, si ceci concerne les catholiques de Belgique que nous représentons, il faut savoir que nous ne reconnaissons pas cette manière de choisir ainsi de manière non démocratique et non légitime les représentants de notre culte reconnu par l'Etat.
Nous n'acceptons pas que le fait démocratique soit refusé à la majorité des fidèles au culte catholique !
En application de la Constitution (art 19,20,21,22 et 181), il existe effectivement une séparation entre l'Etat et les affaires de l'église (nomination)... Ceci n'empeche pas que: 1) les catholiques entre eux, les fidèles, peuvent définir qui doit les représenter... 2) en finalité, c'est l'Etat qui défini quelles sont les religions reconnues.

De notre côté, la chose est suffisemment claire: cette nomination témoigne d'un fait autocratique; cette nomination n'est pas voulue par la majorité des fidèles; cette nomination n'est donc pas reconnue par la majorité des catholiques de Belgique.

Nous demandons donc au représentants du pouvoir législatif de vérifier et s'assurer que les représentants du culte catholique... soient réellement représentatif du culte catholique et de leur fidèles !

Nous en faisant la demande en dénoncant les méthodes actuelles et travers de ce genre de nomination, et cela en tant que catholique.


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Jean-Baptiste Leroy
Au nom de l'ARECB - Association des Représentants de l'Eglise Catholique de Belgique - association de fait
Jean-Baptiste Leroy - le 18/01/2010 à 16h23
Comme je le disais précédemment sur ce blog, évitons les jugements trop hâtifs.
Mais si la brebis s'égare, il faudra la remettre sur le droit chemin.
Manifestement au vu de ses antécédents et de son discours au JT de la RTBF ce soir, ça ne va pas résoudre le problème de la fréquentation des églises.
didier strale - le 18/01/2010 à 19h51
Il faut agir politiquement, résoudre ces vieux problèmes protocolaires, ce financement des cultes, absorber le réseau catholique dit "libre" de nos écoles ...
La société a assez évolué et saurait se passer du religieux, restant dans les sphères privées ...
marie-claude - le 19/01/2010 à 15h38
Grâce à Dieu, je suis athée ! Et même si pour beaucoup la religion n'est qu'une affaire du dimanche, il faut être très vigilant, car à l'armée comme à l'église, les hommes ne réfléchissent pas, ils écoutent et obéissent. Et il n'y a pas de différence entre un catho des villes et un catho des champs. Par contre, comme il a été dit dans un des commentaires précédents, il faut revoir ce principe de financement des cultes, car c'est effectivement l'argent qui mène l'église ! Comme dit si bien Bartolomé Bennassar, «L'histoire de l'Inquisition est l'illustration du drame qui menace les hommes chaque fois qu'une liaison organique s'établit entre l'Etat et l’Eglise.»
Patrick - le 19/01/2010 à 21h59
Il ne faudrait pas oublier qu'en 1795, la Belgique avait été annexée à la France et que les biens ecclésiastiques avaient été nationalisés.Lors du Concordat de 1801, sous Napoléon,les biens non encore aliènés furent restitués et les communes furent chargées de pallier l'insuffisance des revenus des fabriques d'église sorties apprauvies de la révolution française.Cette situation a un caractère indemnitaire en ce qui concerne les biens qui n'ont pu être restitués.Après l'indépendance de 1830, la Belgique n'a pas remis en cause la situation et le concordat est resté en vigueur.N'oublions pas l'histoire et ses conséquences pour les générations suivantes.
Henri Delporte - le 26/01/2010 à 18h19
Que Flahaut se taise
zagar - le 30/01/2010 à 11h47
On commence à voir le vrai visage de Mgr Léonard. Provocateur qui se rétracte après ces actes nocifs ou ses paroles blessantes.
Un bien triste sire en vérité !
didier strale - le 01/11/2010 à 14h48