Le blog d'André Flahaut
L'assurance mutuelle et l'assurance privée sont différentes dans leur nature et leur objectif. La première repose sur la réciprocité de l'aide entre affiliés d'une mutualité. Elle ne cherche pas le bénéfice mais le bien-être des gens. La seconde vise à placer des produits financiers auprès de ses clients, indexés selon des critères d'âge, sociaux et sanitaires.
L'assurance complémentaire proposée par les mutuelles en Belgique, à côté de l'assurance obligatoire, veut renforcer la couverture sociale des
personnes (services de transport aux malades, couverture complémentaire hospitalisation, services aux handicapés, aide à domicile, convalescence, etc…) « Concurrence déloyale » s'indignent les
assureurs privés qui, après avoir été déboutés par les juridictions belges, s'en sont émus auprès de la Commision européenne. Celle-ci vient de leur donner raison en demandant de modifier la loi
sur les assurances maladies complémentaires. Le message est le suivant : la solidarité sociale fait obstacle à la course au profit des compagnies d'assurance. C'est bien ce que dit le communiqué
de la Commission s'inquiètant des « distorsions du marché ». Le marché ne tolère pas ce qui lui résiste. Il s'agit bien alors d'un nouvel épisode de la tentative libérale d'harmoniser par le bas
les systèmes de santé et de remboursement de soins en Europe. Les compagnies d'assurance sont à l'avant-garde de l'ultra-libéralisme qui ne s'intéresse aux hommes que pour leur valeur marchande.
Leurs fonds d'investissement agissent en pirates de l'économie réelle : délocalisations d'entreprises pour fuir les coûts salariaux grevant les plus-values, spéculation sur les produits
alimentaires de première nécessité dont ils organisent peu ou prou la pénurie et la flambée des prix.
La gauche doit répondre à ce défi en rappelant sans relâche que tous les services ne sont pas des marchandises. Le choix de la protection
mutuelle des personnes ne crée pas des perdants. Et s'il y en a, ce sont les compagnies d'assurance et les fonds spéculatifs. D'où leur offensive actuelle contre toutes les formes de
solidarité.
André Flahaut
Encore un droit fondamental qui est bafoué. Pourtant, le droit à la santé devrait consister à prévenir la maladie chaque fois que cela est possible. Dans une société en crise, les problèmes de santé pour la population ont souvent pour causes des raisons sociales ou environnementales. Or, celles-ci n’ont rien d’une fatalité. Il suffirait d’un peu plus de prévention pour éviter la détérioration des conditions de travail, de la précarité, de la pollution, des états dépressifs dus au chômage, etc. Ce ne sont pas des remèdes libéraux administrés aux soins de santé qui permettront aux plus démunis d’en bénéficier. La santé à plusieurs vitesses est devenue une réalité. Une seule solution, une plus grande mobilisation européenne des syndicats pour contrer cette Europe ultra-libéraliste…