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Mardi soir, la chaine publique programmait un questionnement : “Amnistie – Amnésie”, s’interrogeant sur les faits de collaboration, au
travers de documents d’époque et de témoignages en plateau, confrontant les sensibilités nord-sud, témoins de la seconde guerre mondiale et jeunes étudiants. Haine, revanche, pardon, oubli
…
Soixante, soixante-cinq années et plus ont passé et l’inévitable formule du « plus jamais cela » a fait florès.
Sur sa deuxième chaine : un film politique sur le rôle de la CIA dans les intérêts pétroliers.
Sur la Trois : un docu-fiction hallucinant sur Guantanamo.
Sans prise de parti sur le fond, sans interrogation sur le choix de l’Amérique, sans préjuger des culpabilités ou des
innocences, au-delà des raisons d’état ou de tout autre fondement, se rejoignent à l’infini la violence jusqu’à l’absurde et l’indignité des hommes sans qu’il importe que les vents de l’Histoire,
les méandres des frontières ou les objectifs impartis en aient fait des victimes ou des bourreaux.
Le vingt et unième siècle n’a pas encore pris le temps de dire « plus jamais cela ».
On se rassure en pensant que nous tirerons un jour les « leçons de l’Histoire » tout en sachant qu’elles n’ont jamais servi. C’est la
bonne conscience de l’espérance.
Ou alors, on oublie, parce que nous savons la fatalité de notre aptitude au déshonneur …
Les TEC sont en grève
Jorge Semprun est mort
Et la nave va …
André Flahaut