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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Mon intervention à l’occasion des vœux du PS Brabant wallon

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 18 Janvier 2014, 20:14pm

Catégories : #Discours

 

Articles-9544--640x427-.jpgC’est au Parlement, dans mon bureau, le surlendemain de Noël que j’ai commencé à préparer cette intervention / depuis je l’ai actualisée à de nombreuses reprises au gré des nombreux contacts de ces derniers jours. Il faisait très calme ce 27 décembre – trop calme, mais à l’extérieur c’était l’arrivée de la tempête Eric (cela ne s’invente pas).

C’était donc un moment propice pour réfléchir au le chemin parcouru (rassurez-vous pas depuis le début de ma carrière) mais bien depuis le début / déjà si lointain / de la législature (4 ans passent si vite) et aussi sur ce qui s’était passé tout au long de 2013 que nous allions quitter. L’une et l’autre ne furent pas de routine et c’est très bien ainsi. On oublie vite tout cela et pour peucomme c’est le cas quand les choses se passent bien on n’en parle même plus. C’est tombé dans la normalité, la banalité.

Aujourd’hui, il faut du spectaculaire, de l’originalité, de l’inattendu, de « la casse » et du people pour faire vendre et se vendre … (comme un paquet de vanish, de bonux).

Aujourd’hui, pour faire parler de soi, il ne faut pas nécessairement et exclusivement un bilan. En revanche aujourd’hui il faut beaucoup d’effets d’annonces, du pathos et des promesses, ajouté à cela un acte spectaculaire, à la limite quelque fois de la légalité. Et,  comme disait cet ancien socialiste / devenu libéral. « En bien ou en mal, pourvu qu’on en parle »… C’est malheureusement devenu aujourd’hui très répandu.

Aujourd’hui, en cette période de pré chauffe électorale, beaucoup ne se sentent déjà plus / ils font n’importe quoi pour faire parler d’eux / Ils promettent par exemple moultes subsides sans se préoccuper de savoir si les moyens seront là demain / Tant pis, se disent-ils, car après eux, il y aura d’autres qui devront assumer leur façon d’agir irresponsable / Il y aura peut être eux / qui auront vite fait d’oublier, dans une hypocrisie sans pareil dont ils ont le secret / Ils auront une seule obsession : faire oublier jusqu’à la prochaine campagne leurs agissements coupables et leur comportement de favoritisme particratico philosophique local.

Et puis il y a ceux qui par / incapacité / faute de préparation / ou de réalisme politique ont joué à l’apprenti sorcier. Pour masquer leurs amateurismes, ceux là lancent de nouvelles idées et de nouveaux projets tout en sachant que ce ne sont que de nouvelles annonces. Je les compare à des enfants en bas âge politiquement immatures qui changent sans cesse de jouet et font courir des risques inutiles.

Articles-9574--640x427-.jpgEnfin, il y a ceux qui ont facile aujourd’hui. Ils s’instituent en censeurs, en donneurs de leçons sur le ton : « Avec nous c’eut été mieux oubliant un peu rapidement qu’ils il y a eu des périodes de coresponsabilités ». Ils tombent un peu trop facilement dans le il n’y a qu’a, il faudrait que, il suffit de.

Et les gens dans tout cela qu’attendent ils ? Je crois que les gens attendent des élus ou des candidats. Une présence constante, une disponibilité permanente et une proximité non envahissante. Ces gens attendent une écoute attentivedu respect et de la modestie.

Pour nous socialistes, dépenser l’argent des autres ou l’argent qu’on n’a pas n’est pas notre façon de faire de la politique. Nous entendons, nous socialistes, toujours être honnêtes à l’égard des citoyens et ne rien promettre de ce que nous ne pourrions tenir.

Nous entendons respecter l’intelligence des citoyens en ne les prenant pas pour des naïfs ou en les trompant.

Nous entendons agir avec ordre, méthode, en étant avant tout pragmatiques, réalistes, respectueux et totalement transparents.

 

Le monde ne s’est pas fait en un jour, il ne se transformera pas non plus en un jour. Il ne se transformera pas non plus de façon durable à coups de il n’y a qu’a ou il suffit de, ou encore au travers d’actes ou d’idéologies extrêmes qu’ils soient de gauche ou de droite.

Le monde ne se transformera certainement pas dans l’intérêt général et du plus grand nombre au travers des nationalismesdes populismes et des poujadismes ou encore au travers d’égoïsmes, de replis sur soi, de rejets de l’autre / Cet autre, étranger / parlant une autre langue ou tout simplement différent par sa couleur, par son histoire, sa religion, sa manière d’être, sa manière de vivre.

Nous allons entendre prochainement beaucoup de chiffres, de bilans, de classements en cette période de bonnes résolutions et de futures élections. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il a réussi. Et pourtant non ce n’est pas comme cela, et l’honnêteté, le réalisme nous appellent à la modestie et à l’humilité. Nous avons fait notre possible oui, mais nous n’avons pas tout réussi et des choses ont vraiment foiré. Mais au moins nous avons pris nos responsabilités depuis longtemps à tous les niveaux / ce qu’on nous reproche ou qu’on nous envie/ sans par exemple avoir un pied dedans et un pied dehors. Il reste encore beaucoup de travail.

Nous socialistes , ce sont les mains dans le cambouis, depuis longtemps et avec courage, que nous apportons des solutions concrètes et justes. Ce ne sont pas lamentations ou dévotions / ce sont actions et résultats / Certes agir en politique c’est décider, et décider c’est forcement satisfaire et décevoir. Mais nos actions sont toujours allées dans le sens exclusif de l’intérêt général et de la protection de ceux qui sont plus vulnérables. Et cela dans un contexte national, européen et international qui est du tout au marché, à la compétitivité, à la spéculation, au profit et en un mot à l’argent, plutôt qu’aux gens / au paraitre plutôt qu’à l’être.

Donc sur les bilans (disais je) / mais sommes nous jugés sur les résultats ou bien seront nous jugés sur les derniers faits ponctuels de notre action, un accident, un dérapage verbal, une tache sur le veston ou une image ternie par l’alcool …

Sur les bilans nous sommes armés, les résultats sont là concrets et tangibles aussi bien au fédéral qu’aux niveau régional. Ils sont aussi la au niveau provincial ou en un an à peine / après notre retour au pouvoir / la différence commence à se marquer de façon perceptible et positive. Merci

Oui il y a des accents différents très nets quand des socialistes sont au pouvoir ou qu’il, n’y sont pas ou plus. Demandez à Tubize par exemple et voyez Nivelles … ce qui en est – Interrogez – Rixensart ou encore Villers-La-Ville.

Et ceux qui, même dans nos rangs ou dans les organisations   seraient tentés de croire qu’avec ou sans nous ce serait la même chose, à ceux la je crie casse cou.

Cette tentation d’abdication des responsabilités serait un suicide collectif pas seulement pour nous ici présents mais aussi pour toutes celles et ceux qui nous font et feront confiance, celles et ceux  qui, dans leur vécu, comprennent que nos valeurs, de solidarité sociale, ne sont pas dépassées et qu’au contraire elles sont plus que jamais d’actualité.

Et ce sont ces valeurs et outils que nous devons défendre et promouvoir partout et notamment dans la campagne qui s’annonce.

De justice sociale, d’égalité et de fraternité on en a plus que jamais grand besoin.

Non cela n’est pas ringard c’est au contraire d’une criante nécessité.

Je m’en voudrais de terminer sans aborder la question de la citoyenneté et de la formation à la citoyenneté.

Il y a en effet un manque cruel de connaissance de nos institutions et de leur fonctionnement.

Il y a une connaissance tronquée et déformée voire un mépris de ce qui / est le politique et de l’action des hommes et des femmes politiques.

On dirait qu’il y existe un plaisir malsain et suicidaire a présenter négativement tout ce qui touche à la gestion de la chose publique, aux missions de l’état et à ceux qui les gèrent au travers des institutions que l’on dit toujours trop couteuses.

Ce cheminement dangereux commence par cette idée / qui revient sans cesse / de ne plus imposer le vote obligatoire, voire de ne plus sanctionner ceux qui ne se rendent pas aux bureaux de vote. Ensuite il y a ceux qui veulent sans cesse dégraisser l’Etat. A ceux là, posez trois questions : comment vont-ils faire pour assurer par exemple les soins de santé, l’enseignement, la sécurité, la justice pour tous – sans moyens et sans une fiscalité juste ? C’est impossible ! Comment vont-ils faire pour aider nos entreprises publiques et privées, ceux qui veulent entreprendre, créer des emplois ? Comment vont-ils faire pour aider les commerçants, les agriculteurs, les artisans et les consommateurs sans les                   interventions publiques ? c’est impossible, … C’est de la poudre aux yeux ! et rien d’autre.

Ainsi le jour où le vote ne serait plus obligatoire.

Le jour ou les institutions seront démantelées ou rendues à leur plus simple expression.

Ce jour là, les partis n’existeront sans doute plus … ni les syndicats, ni les mutualités.

Ce jour là, seuls ceux qui auront les moyens pourront diriger les pays comme des entreprises sans se préoccuper des citoyens mais bien en se préoccupant des objectifs de compétitivité, de rentabilité et de profits non redistribués.

Ce jour là, certes l’Etat coutera peut être moins, mais à quel prix ? Les taxes n’auront peut être même pas diminué et l’imposition n’assurera peut être même pas un semblant de redistribution. 

Ce jour là, la presse ne sera sans doute plus aussi libre.

Ce jour là, le désintérêt et la disparition de la citoyenneté auront tué la démocratie et le pays à petits feux en instaurant un régime qui n’aurait plus de la démocratie que son nom.

Prenons garde à cela ! / Dans les jours et semaines à venir, il faudra intensifier nos contacts pour convaincre le maximum de gens de la qualité des bilans,  de notre différence, de notre sérieux et de notre crédibilité ; mais surtout, convaincre et plaider pour que les citoyens redeviennent responsables en étant acteurs de la démocratie ; Afin de stopper les dangers qui nous guettent et dont nous sommes les victimes désignées.

En ce début d’année 2014 cruciale je ne veux pas être pessimistes mais veux vous appeler à une vigilance démocratique ravivée et à un optimisme de combat pour nous inscrire dans la poursuite du changement dans la continuité et éviter à tous prix de retomber dans l’immobilisme de la fatalité et de l’instabilité.

Bonne année.

 André Flahaut

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