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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Ma vision du Sommet interparlementaire Europe-Afrique (15 et 16-09-2010)

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 17 Septembre 2010, 14:05pm

Catégories : #Billets d'humeur

Echange d’idées originales


En ce début de rencontre entre les instances parlementaires de nos deux continents, j’ai tout d’abord été pris d’un sentiment désagréable, celui d’une rencontre gâchée parce que trop technique, manquant singulièrement de vues politiques. Une rencontre également trop marquée par l’emprunte d’une Europe très satisfaite d’elle-même.

Jusqu’à l’après-midi du premier jour de cette rencontre où les orateurs ont laissé place à des débats fort intéressants, donnant l’occasion aux membres des délégations africaines de s’exprimer très largement et sans tabou sur bon nombre de sujets fort utiles en prévision du Sommet Afrique-Europe qui se tiendra à Tripoli en novembre prochain.

Des visions des choses fort différentes sont apparues entre Européens et Africains. Des Européens s’attendant à ce que les Africains mettent en place des mécanismes de fonctionnement et de contrôle et des Africains défendant le fait qu’ils font déjà énormément mais que l’Europe ne veut ni voir ni entendre les propositions africaines, préférant venir avec ses propres idées et solutions. Mais c’est d’un ton unanime que les pays de l’Union Africaine ont appelé à un plus grand appui de la part des européens afin d’acquérir des capacités propres tout en insistant sur l’importance d’une reconnaissance des progrès déjà accomplis dans de nombreux domaines.

Une rencontre interparlementaire de ce type est l’émanation même de la démocratie et donc de l’idée qu’elle recouvre, le libre dialogue. Y sommes-nous arrivés ? Je le crois. Tout du moins en partie. Ce que je retiens néanmoins de ces deux jours est qu’à l’avenir, il ne serait peut-être pas inutile de prévoir moins d’orateurs et davantage de débats. L’essentiel étant toutefois que la rencontre que nous avons effectuée durant ces deux jours me semble être primordiale car elle témoigne de la vivacité et du dynamisme du lien qui nous unit. Un lien basé sur le respect mutuel et un engagement fort pour mettre en commun les avancées au niveau parlementaire de nos pays respectifs.

Forts de nos nombreux échanges en la matière, dont j’ai personnellement eu la chance d’être le témoin par le passé, je souhaitais mettre en exergue certains points qui ont été et doivent rester ,je pense, des axes essentiels qui unissent le nord et le sud avec comme trait d’union essentiel le pourtour méditerranéen. Des axes qui s’articulent autour d’une volonté de partage des connaissances, de développement de partenariats intelligents, d’entre-aide et de coopération mais aussi de sécurité ,dans le souci des peuples. Mais je voudrais insister sur une idée qui me tient à coeur et qui me semble être primordiale et porteuse d’espoir pour l’avenir de nos continents. Une idée qui semble d’ailleurs avoir été fort bien accueillie par nos amis africains. Je veux parler d’un axe trilatéral qui unirait Europe, Afrique et Asie. Un axe essentiel au vu des nombreux échanges en tous genres que nous connaissons aujourd’hui et qui doit mettre fin à une sorte de compétition livrée entre les différents continents et dont l’Afrique et ses populations sont victimes. Il y va de notre intérêt commun. L’Europe, l’Afrique et l’Asie sont intimement liés mais parfois de façon trop cloisonnée, ce qui peut donner parfois lieu à certains malentendus voire à des dumpings qui ne profitent pas à l’ensemble de la communauté. Je plaide pour que ce triangle s’inscrive dans la notion de partenariat où l’échange se fait d’égal à égal, dans le respect de l’autre, de ses différences, en tenant compte de nos capacités et de nos limites mais surtout de nos potentialités. Un principe qui est cher aux européens et je crois également à nos amis africains et asiatiques. Il nous faut également tous ensemble lier des groupes interparlementaires d’amitié, garants d’une évolution démocratique conjointe.

Dans le monde que nous connaissons, avec des frontières qui s’amenuisent et des défis, notamment alimentaire , sanitaire et climatique, qui nous touchent tous autant que nous sommes, c’est ensemble que nous devons désormais réfléchir l’avenir de nos populations. Un avenir que nous souhaitons tous radieux et prospère, ce qui ne peut que nous inciter au rapprochement.

Et c’est bien de nos populations dont nous avons parlé ici, car notre devoir de les représenter au mieux doit rester notre guide moral et principale finalité. Il faut travailler au bien-être, à l’éducation et au développement des soins de santé accessibles à tous.

Nos pays respectifs ont une longue histoire en commun et se connaissent souvent bien. J’ai personnellement eu l’occasion de m’en rendre compte au cours de mes années passées à la tête du département de la Défense belge ou en tant que parlementaire. J’ai vu de mes yeux ce que le mot partenariat peut recouvrir de beau et d’intelligent. Ce terme n’est jamais vide de sens tant qu’on l’emploie à des fins de développement durable. Or cette idée est source d’un intérêt croissant pour nos concitoyens. Ceux-ci ne sont pas non plus indifférents à l’idée de partage des connaissances et des savoirs, qu’ils expérimentent chaque jour dans leurs échanges de plus en plus nombreux. L’entre-aide enfin, qui ne peut s’inscrire que dans une volonté gratuite de tendre la main à ceux qui sont dans le besoin, cette notion ne peut, elle, que faire l’objet de tous nos soins. Car aujourd’hui comme demain, ceux qui sont dans la souffrance ne peuvent et ne doivent pas nous laisser indifférents. Et comme la sécurité seule peut nous permettre de rencontrer ces objectifs, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle soit, elle aussi le centre de nos préoccupations. Elle est le fondement de nos décisions et la garantie que nous pourrons mettre en application nos programmes communs.

Je pense que nous nous sommes parlés en toute sincérité et en toute liberté des buts communs qui nous plaçaient en ces lieux. Nous avons été des partenaires adultes malgré des passés communs quelquefois douloureux.

Nous avons parlé de Monde avant de parler d’entités fermées et je crois dès lors que nous étions là où nous attendaient celles et ceux qui nous ont placé autour de cette table de discussion.

André Flahaut

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