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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Le joli mois de mai

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 13 Mai 2011, 09:32am

Catégories : #Billets d'humeur

… ainsi le veut une ancienne ritournelle …

 

C’est le mois du soleil retrouvé, des cerisiers en fleurs, des fenêtres qu’on laisse enfin ouvertes, celui des pelouses à tondre et des premiers barbecues, celui du souvenir de plus en plus incertain de mai 1940.

 

Il est à Chastre et à Gembloux des noms de lieux à la douceur nostalgique : Brunehaut, ferme-moulin, chemin-creux, chaussée romaine, dont on veut croire qu’ils n’ont eu de cesse de nous laisser rêver. Ils furent pourtant le terrible théâtre d’une inimaginable bataille : la première bataille de chars de la seconde guerre mondiale.

 

Le temps a rendu abstraite cette tragédie. Ni Spielberg ni les play- stations ne peuvent rendre compte du choc colossal de centaines de chars, de milliers d’hommes et de l’intensité d’un tel massacre.

 

Ne nous reste que l’impossible représentation et un cimetière.

 

La plupart d’entre nous gardent une image douce et joyeuse de ses vingt ans, une image d’insouciance souvent, de doutes parfois mais toujours d’un avenir possible.

Ceux qui reposent au Cimetière français de Chastre n’eurent pas le temps d’y penser, ceux qui survécurent n’eurent pour tout souvenir que l’obscénité de la guerre.

 

Je sais que certains diront qu’ils en ont marre des minutes de silence. Ils voudraient qu’on leur dise que tout cela est fini, mais cela ne marche pas ainsi.

 

Aujourd’hui, la guerre n’est plus mondiale, mais elle reste la guerre même si on préfère parfois l’appeler révolution. On y adjoint des noms de fleurs pour laisser l’illusion de la douceur et l’on s’efforce d’oublier que derrière la tragédie des peuples, des pays, il y a les tragédies individuelles, la souffrance des familles, la peur.

 

En Tunisie, en Egypte, en Lybie et ailleurs, il est aussi une grande espérance, celle de la liberté.

 

A Chastre et à Gembloux en ce mois de mai 1940, au cœur de l’apocalypse, à défaut d’espoir ils eurent la volonté et le courage.

Ils s’appelaient Charles, Victor, François, David peut-être.

Ils s’appelaient aussi Karim, Hassan, Rachid, Medhi, Farid, Sofiene, Fouad, Azziz, Bachir …

 

En  ce joli mois de mai 2011, il est toujours temps d’y penser.

 

Aujourd’hui comme hier, l’exemplarité de l’engagement des héros de la Bataille de Gembloux doit nous inciter à plus de solidarité, par delà les origines, les races, les croyances, les langues et coutumes.

Aujourd’hui comme hier, la guerre reste la plus inhumaine, la plus abjecte et la plus inutile des absurdités.

Certes, la bataille contre les extrémismes n’est pas gagnée, la vigilance sera éternellement de rigueur mais le dialogue, l’écoute, la sagesse et la raison n’ont pas dit leur dernier mot. A chacun d’en prendre conscience et de s’investir pour la plus noble des causes : le respect de l’être humain.

 

André Flahaut

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