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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Hommage à Nelson Mandela à La Chambre des représentants

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 12 Décembre 2013, 14:48pm

Catégories : #Discours

 

decembre-2013 9441

 

Mesdames, Messieurs,

 

Les conventions et ma fonction m’obligent à prendre la parole pour un homme et son ultime actualité qu’un universel hommage salue sans réserve.

Je me dis qu’en l’occurrence, il est des paroles bien dérisoires ….

 

Les superlatifs lus, écrits, énoncés, entendus ces derniers jours étaient de mises depuis de nombreuses années. Tous étaient justifiés et tournent désormais en boucle sur la planète bleue, devenue orpheline.

Quand la mort s’invite, elle sublime les hommes qu’elle nous enlève, certains pour un temps, d’autres pour toujours.

 

Il arrive que la reconnaissance n’ait pas à attendre la gloire posthume.

 

Il fut le dernier grand libérateur du 20ème siècle  dit Barack Obama, pour d’autres il fut un héros, le fondateur de la Nation Arc-en-Ciel, l’un des plus grands enseignants de notre Histoire, un héros, un père, un ami, un mentor, la fierté de tout un continent, un guide, un sage, un exemple, le messie… la déferlante des hommages est planétaire, les drapeaux sont en berne, le monde déboussolé.

 

Tout ce qui a été dit jusqu’à l’épuisement des mots et des possibles de l’agiographie est vérité.

 

Le décès de Nelson Mandela, ce n’est que le destin de tous,  je ne crois pas que les déluges d’hommages et de reconnaissance aussi mérités soient-ils, l’auraient intéressé.

« Je n’étais pas un messie disait-il, rien qu’un homme ordinaire, devenu leader en raisons de circonstances extraordinaires ».

 

Je crois que ce qu’il aurait aimé entendre, c’est que nous nous engageons à reprendre le flambeau de ses combats.

Sa modestie sans doute lui interdisait de nous demander de suivre son exemple mais aurons-nous jamais un meilleur choix ?

 

Nelson Mandela n’était pas un homme que l’on pleure, il était un homme que l’on suit et dont la trace nous conduira inévitablement, pour peu que nous y mettions assez de détermination,  vers un monde meilleur.

 

Ni les formules laudatives, ni les bavardages éplorés,  ni les vantardises d’avoir croisé son chemin ne seront de quelle qu’utilité à la consolidation de sa pensée et  à la pérennisation de ses actes.

Les invoquer et s’en souvenir pour n’en faire qu’une vaine commémoration et un semblant de satisfecit moral, ne sera qu’une triste et vaine réponse au sourire de cet homme devenu légende.

 

Nelson Mandela a mis, 27 années durant,  toute sa détermination à comprendre ses geôliers, à les aimer, à leur pardonner, 27 années de libertés sacrifiées pour lutter contre l’apartheid, 27 années de générosité et d’obstination, 27 années et plus encore, toute une vie pour que l’autre puisse vivre libre et que tous puissent vivre ensemble.

 

Fallait-il qu’il soit fou ? Fallait-il qu’il soit poète ? Fallait-il qu’il soit  naïf pour croire en la capacité de sagesse du monde ?

Il souriait encore en nous répondant : « Cela semble toujours impossible, … jusqu’à ce qu’on le fasse …».

 

N’est-ce pas à notre tour de nous enquérir de ces choses « impossibles » qui gangrènent notre siècle ? N’avons-nous pas aujourd’hui à nous interroger sur ce que nous pourrions faire de mieux pour libérer nos sociétés de la faim, des inégalités, de la pauvreté, des injustices et de toutes les obscénités que la nature humaine a pu imaginer ?

Sans doute n’avons-nous pas sa force, ni son charisme, ni le dixième de sa volonté, ni le centième de sa patience, ni le millième de sa détermination. Certains déplaceront des montagnes, il suffira à d’autres d’être le grain de sable. Et ce sera tout aussi bien.

 

N’est-ce pas cela le véritable hommage à rendre à Nelson Mandela ?

 

« La mort est inévitable mais quand un homme a fait ce qu’il considère être son devoir, il peut reposer en paix ».

 

Puissions-nous un jour, Mesdames et Messieurs, être digne  de revendiquer cette maxime.

 

André Flahaut

 

Ministre d’Etat

Président de la Chambre

 

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