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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Editorial – « Save soul to Europe Commission »

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 12 Mai 2014, 08:22am

Les élections se définissent  par des bilans que les uns verront positifs, que d’autres considèreront décevants, voire négatifs. De cela, naîtront de nouvelles promesses, des plans, des objectifs, des rêves.

 

Le rêve, sans doute le plus essentiel, celui d’une Europe pacifiée, s’est réalisé même si nous ne pouvons faire l’impasse sur les événements des années nonante en Serbie et au Kosovo.

 

D’élargissements en réformes sur lesquelles s’est greffée la crise économique consécutive au crash bancaire de 2008, la construction européenne est devenue interrogations et incertitudes pour ses citoyens qui, par ailleurs, ne se reconnaissent pas tous comme tels. Les résistances qui  sont parfois celles des états-membres sont devenues celles de l’opinion publique. On est entré dans l’ère de l’eurodéfiance, de l’euroscepticisme, du repli sur des bases nationales, voire nationalistes, pouvant aller jusqu’à l’euro-hostilité.

 

Les élections de 2014 peuvent être, si nous y mettons, avec force,  l’ensemble de nos volontés, l’opportunité absolue du renouveau européen. Il nous faut arriver à tourner la page de la crise financière, nous engager à dompter enfin un capitalisme devenu fou et réinstaurer des échanges justes entre les pays membres et le monde d’aujourd’hui globalisé, notamment par les nouvelles technologies.

 

2014, c’est l’occasion de convaincre l’électeur qu’il a besoin de l’Europe car, d’ici peu, nous ne représenterons plus que quelques pourcents de la population mondiale, face à des pays continents (Inde, Brésil, Chine, ..). Il nous faudra exister autrement que par l’image d’un puzzle épars.

 

Les candidats, et les élus devront travailler sur leur déficit de représentativité, consécutif au peu d’intérêt manifesté par les citoyens envers ces élections (à fortiori dans les pays où le vote n’est pas obligatoire). Ils devront convaincre qu’il est possible de construire une Europe ouverte sans qu’il y ait lieu de sacrifier pour autant les cohésions ou les identités nationales. Il faut une Union européenne adossée à la légitimité démocratique des parlements nationaux.

 

A l’instar de la mondialisation, l’européanisation est un bouleversement culturel qu’il y a lieu d’intégrer par l’apprentissage de la tolérance.

 

Après avoir été l’Europe  par trop accrochée aux remèdes économiques du passé et s’être définie comme « marché unique », l’Europe se doit de devenir aussi, enfin, l’Europe des solidarités organisées et préventives. Elle doit s’incarner dans des projets concrets, visibles, dont les effets seront tangibles dans la vie quotidienne des Européens. Ses priorités seront données à la construction  d’un avenir commun via, par exemple, des infrastructures communes, des politiques industrielles ou environnementales élargies, un système social de qualité, une éthique qui aura cessé de se  dévoyer auprès des lobbys pour céder à la précellence de la dignité humaine.

 

Pour réussir, l’Europe se doit de définir un nouveau cadre de pensée, de nouveaux modes d’action, elle se doit d’apprendre une nouvelle citoyenneté.

 

Si le vingtième siècle européen a été celui de Schengen et de Maastricht, le vingt et unième siècle européen se devra d’être celui d’un nouveau projet de civilisation.

 

Puissent les élections du 25 mai en être le salutaire déclencheur.

 

Le dimanche 25 mai, certains refuseront de se lever pour aller voter pour l’Europe.

Ces dernières semaines, à Kiev, un peuple se soulève pour l’Europe, certains y ont laissé la vie …

 

André Flahaut

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