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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours prononcé au Palais Royal à l'occasion des 20 ans de règne de Sa Majesté le Roi Albert II

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 16 Juillet 2013, 12:25pm

Catégories : #Discours

juillet-2013-0107.JPGjuillet-2013-0235.JPGSire,

 

Je crains que le mot le plus souvent usité depuis le début de Votre règne, est le mot « crise » mais n’y voyez pas malice …

Aujourd’hui, Vous me permettrez d’en faire l’économie et de mettre à l’honneur les mots « merci » et « fête ».

 

Le 9 août 1993, nous étions dans l’émotion  et dans ce terrible paradoxe des monarchies qui, siècle après siècle, proclame « Le Roi est mort, vive le Roi ».

 

A la Chambre, devant nous, les représentants du peuple, Vous avez prêté le serment constitutionnel et Vous vous êtes engagé avec cœur et détermination à œuvrer au vivre ensemble harmonieux de nos communautés.

 

Ce jour-là, Vous signiez un contrat à durée indéterminée pour exercer un métier unique, de toutes parts exigeant et en perpétuelle mutation, dont les seuls repères s’inscrivaient au passé et dont il Vous fallait définir l’avenir.

 

Nous savons aujourd’hui que Votre discours ne fut pas un discours de circonstances ou de nobles intentions, ce fut le discours d’un roi visionnaire qui, dès les premières heures de son règne a compris les défis auxquels il sera confronté, les évolutions sociétales, politiques et économiques qu’il lui faudra appréhender, ce fut le discours d’un roi qui savait déjà quels seraient les outils les plus utiles à son travail, les plus solides à l’usage, les plus résistants à l’épreuve,  les plus indispensable à son peuple.

 

Les hommes et les états ne peuvent  se revendiquer de grandir  que s’ils  se construisent sur des valeurs universelles.

 

En 1993, Vous formiez le vœu de faire de notre pays « un modèle de Justice et de Paix ».

Certes, la route est longue, infinie sans doute. Il y a les obstacles imprévisibles, les itinéraires de déviation, les chantiers en cours, les travaux inutiles parfois, les trous dans la chaussée, mais Vous Vous êtes engagé sur ce chemin, avec la sagacité et le cœur qui vous définit.

  

Au-delà des volontés sincères et des concepts généreux, les réalités économiques, sociales – et parfois politiques - , particulièrement rudes ces dernières années, ont mené le jeu.

Bien avant les désastres  bancaires de 2008 pourtant, la nécessité préparer un nouveau consensus en ces matières Vous était évidente.

 

Pour pouvoir répondre à ces exigences, Vous nous avez conseillé la juste ambition, celle qui n’ignore ni le civisme fédéral, ni les solidarités de tous ordres.

 

La solidarité, c’est le possible commun et le possible individuel. Elle sera intergénérationnelle, interculturelle, particulière ou collective, elle n’aura ni frontière ni retenue, elle sera l’assise et la charpente d’une société libérée de ses égoïsmes et de ses enfermements. Vous la proclamerez indispensable.

 

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Sire,

 

Je me suis engagé à parler de fête et de remerciements.  Je suis un homme de paroles.

 

Les anniversaires étant promesses de cadeau, au nom de tous les Présidents honoraires d’assemblée et de la Présidence du Sénat, j’ai le  plaisir et le grand honneur de Vous offrir telle la synthèse de Votre discours du 9 août 1993, un cadeau singulier.

Les mots qui Vous ont semblé essentiels et qui le sont restés, les voici aujourd’hui gravés dans la pierre, une des plus résistantes, des plus solides et issue d’une de nos carrières.  Ce n’est donc pas par hasard que nous avons choisi ce support pour marquer la pérennité des valeurs énoncées, la fermeté de Votre détermination, leur inaltérable vérité.

 

La pierre de Gobertange est celle de l’Hôtel de Ville de Bruxelles, de l’Hôtel de Ville de Leuven, de la cathédrale des Saints Michel et Gudule, de celle de Malines, des Halles d’Ypres mais elle se retrouve aussi au linteau de plus modeste fenêtres et portes en Brabant jusqu’au-delà des frontières, pierre précieuse des architectes d’hier et d’aujourd’hui.

D’aucuns diront que cette pierre n’est ni belle, ni précieuse, elle ne s’achètera pas, elle aura la valeur que Vous lui donnerez, elle sera l’empreinte et la trace, un moment de notre histoire commune et c’est cela qui, je le pense, la distingue de toutes les autres pierres.

 

A cette pierre particulière, nous avons souhaité joindre une pierre angulaire, celle qui depuis 1831 est la base essentielle de notre démocratie, celle sur laquelle se fonde notre travail, celle qui est notre référence, le symbole des principes essentiels qui déterminent l’Etat et que le temps et les hommes ont remanié au gré des évènements, de la nécessaire modernité et parfois, il est vrai, de leurs ambitions.

 

La Présidente du Sénat et moi-même, avons l’honneur, Sire, de Vous remettre le fac-similé de la toute première version officielle de la Constitution belge.

 

Nos questeurs souhaitent par ailleurs Vous offrir un exemplaire de l’ouvrage présentant les différentes facettes du Palais de la Nation.

 

En vingt ans, beaucoup de choses ont changé, dans le monde,  dans Votre royaume, dans notre Belgique,  mais il y eut la constance de Votre dévouement, Votre attention de chaque instant à chacun.

 

 

Bien au-delà de la sphère politique, Votre sollicitude envers les plus faibles, envers les enfants et les familles désenfantées a été sans faille. J’associe bien évidemment Sa Majesté la Reine, et toute la famille royale aux remerciements qui Vous sont dus.

 

Je fais notamment référence à la création de Child Focus, devenu modèle au niveau international ou à vos attentions envers les familles des victimes de l’accident de Sierre, mais ce ne sont  là que deux  exemples.

 

Nous Vous remercions pour Vos encouragements à maintenir la cohésion nationale dans la diversité des opinions, pour Votre détermination à refuser le retour aux nationalismes étriqués, pour Votre fermeté à prôner le respect de l’autre et pour Votre conviction du destin européen de notre pays.

Nous Vous remercions  pour cette constance  rare qui, vingt années durant vous a définit : celle de la rigueur dans la bonne humeur.

 

Sire, nous vous remercions pour cette union qui, demain avec Votre fils,  continuera de faire notre force et cette unité dans la diversité qui restera notre dignité.

 

Sire, Madame, au nom de tous mes pairs,  je vous souhaite, très chaleureusement,  une très heureuse Fête nationale et de belles suites à vos rêves d’aujourd’hui.

 

 

André Flahaut

 

Ministre d’Etat                                                                   

Président de la Chambre des Représentants

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