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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours prononcé à la Sûreté de l'Etat pour les Agents de Renseignements et d'Action

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 24 Septembre 2013, 12:47pm

Catégories : #Discours

 

DSCF1974.jpgMonseigneur,

Mesdames, Messieurs les ambassadeurs

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

En vos grades, titres et qualités

 

Pour avoir été en charge de l’Institut des Vétérans durant plus de douze années mais aussi ministre de la Défense durant deux législatures, j’ai été largement confronté aux questions mémorielles – je m’y investis de toute manière car au-delà de la fonction, il s’agit là d’une conviction personnelle – mais aussi à la problématique du renseignement.

Le Service Général de Renseignement de la Défense, devenu aujourd’hui Acos Is, a régulièrement collaboré avec les services de la Sureté de l’Etat

 

Quant à l’histoire du Réseau Comète, elle m’est également très familière. Je me souviens tout particulièrement de la soirée organisée en octobre 2005 au Musée de l’Armée, à l’occasion de la présentation du superbe film « Rendez-vous with Freedom : A true Story of Escape, Evasion, and Remembrance » et du 64ème anniversaire du Réseau Comète.

This film describes the efforts of the Belgian Resistance during de Second World War to protect and rapatriate downed allied airmen. It focuses on a particular Texan, William Grosvenor, who crashed in Belgium in 1943 and who was saved and hidden by the Resistance for about six months until the SS finally trapped him and sent him off to a concentration camp.

 

Le souvenir de ce film est le prétexte qui m’amène à rappeler que la Seconde Guerre Mondiale a été plus qu’un cataclysme ayant généré des conséquences géopolitiques, elle a été la terrible occasion d’une mise en exergue éperdue (héroïque ? ultime ? sans égal ?) des valeurs de nos civilisations occidentales : la liberté, les droits individuels, la justice pour tous, la prévalence de la raison sur la déraison.

 

Les initiatives mémorielles soulignent également l’effort commun des Alliés pour, dans un premier temps, résister et enfin vaincre les puissances de l’Axe par la solidarité, notamment, transatlantique.

  

Quelles étaient les motivations profondes de ces hommes ? Qu’avaient-ils en commun ? Etaient-ils des humanistes décidés à défendre leurs idéaux de liberté ? Etaient-ils de « simples » rebelles contre une autorité étrangère qui bouleversait leurs droits fondamentaux ? Détestaient-ils le totalitarisme, le racisme, la violence ou le nouveau paganisme voulu par Hitler ? Souhaitaient-ils faire acte de générosité et de solidarité envers les peuples victimes du nazisme ? Etaient-ils de « têtes brûlées » en mal d’aventures ?

Etaient-ils simplement des hommes décidés à rendre la liberté à d’autres hommes ?

Je le crois.

 

Souvenons-nous de ces hommes-là mais en dépassant les cadres commémoratifs. Considérons leur histoire pour en faire une éducation, pour nous préparer aux décisions personnelles qu’il nous faut prendre tout au long de notre vie, en toutes circonstances, même si celles-ci s’avèrent bien heureusement et bien souvent, moins dangereuses, moins définitives.

Souvenons-nous d’y inclure, à chaque fois, la dimension humaine.

Souvenons-nous que chaque liberté acquise, retrouvée ou reconquise  doit servir la liberté assumée par chacun et partagée avec tous.

 

Depuis 1945, plus de 18.000 personnes ont été reconnues « Agents de Renseignements et d’Action » (ARA) – dont 35% à titre posthume -  et aujourd’hui, je tiens à saluer le travail  de la Royale Union des Services de Renseignement et d’Action (RUSRA) qui poursuit le travail de mémoire.

En regroupant les survivants des réseaux clandestins belges ainsi que les veuves et orphelins des agents exécutés ou morts en déportation, elle maintient la lumière sur les mérites et la bravoure de ces résistants.

 

La réunion de ce jour nous dit combien en matière de courage, de liberté et de solidarité, il n’est pas de frontière qui tienne.

 

Monseigneur, Madame, Mademoiselle, Monsieur, je vous remercie de votre attention et, en guise de conclusion, je citerai Gandhi : « la violence est la peur des idéaux des autres » !

 

André Flahaut.

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