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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours prononcé à l'occasion du départ à la retraite du Gouverneur de la Province du Hainaut, Claude Durieux

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 9 Janvier 2013, 15:27pm

Catégories : #Discours

Janvier-2013 5018Janvier-2013 5004Monsieur le Gouverneur, Madame,

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Partir à la retraite n’est pas un pari gagné d’avance. On  tente de clôturer ce qui est en cours, on prépare le terrain pour son successeur, on fait du rangement se heurtant ici ou là, à quelques nostalgies. Même si c’est contre notre nature, on remonte le temps.

 

Toutes les vies ont leurs dates et leurs heures mémorables. Il  en est une que le pays tout entier partage avec Claude Durieux : le matin du 30 juillet 2004, jour de sa prestation de serment (intronisation ?)  en tant que nouveau gouverneur de la Province de Hainaut mais aussi, dramatiquement, jour de la catastrophe de Ghislenghien.

Vingt-quatre victimes et plus de 130 blessés, la plus grande catastrophe industrielle en Belgique depuis celle du Bois du Cazier….

Il incombe au gouverneur de coordonner les plans d’alerte et de secours …

 

Ce 30 juillet 2004 se devait, pour Claude Durieux, d’être un moment de fierté et de convivialité, un nouveau chapitre de son  engagement politique.

Le destin, les maladresses ou les insouciances conjuguées l’ont mis, dans la plus grande violence et immédiateté, face à ses nouvelles responsabilités.

 

Son parcours  professionnel et politique s’est, heureusement,  avéré plus serein sans pour autant être dépourvu de combats et de passions.

 

Les valeurs n’attendant pas le nombre des années, les siennes furent très tôt et définitivement je crois, celles du Parti Socialiste. Il les conjugua au gré des diverses fonctions qui lui échurent.

 

Jeune militant dès 1970 au sein de sa commune d’Erbisoeul, il a très vite  souhaité aller plus loin, entrer dans le concret. Il décide de s’investir dans la politique communale et l’action sociale.

Il sera Président du CPAS de Jurbise.

Certes, il lui faudra diriger, veiller à l’instruction des affaires soumises au bureau permanent, aux comités spéciaux, il faudra représenter, il faudra accorder les aides urgentes. Ce sera surtout la confrontation difficile, parfois douloureuse, avec une certaine réalité, celle de la précarité, une expérience qui marque et confirme l’engagement de Claude Durieux.

 

Il  poursuit par  quelques passages dans des cabinets ministériels, dont notamment ceux de Léon Hurez et Jacques Hoyaux à l’Education nationale, rejoignant ainsi son intérêt pour les matières éducatives. Entre 1994 et 2004, il s’investit tout particulièrement dans la valorisation de l’enseignement technique et professionnel en tant que Président du Conseil des Pouvoirs Organisateurs de l’Enseignement Officiel Neutre Subventionné ainsi que premier Président du Réseau Hainuyer d’Enseignements Supérieurs et Universitaires.

Le riche passé industriel hennuyer ni est sans doute pas étranger.

 

L’expérience déjà acquise, ses talents naturels, la confiance des électeurs, amèneront Claude Durieux à la Députation permanente en 1981 mais aussi à la Présidence de la fédération PS Mons-Borinage de 1989 à 2004.

 

La Province sera désormais son ancrage, une province en pleine mutation, une province économiquement blessée mais qui se reconstruit jour après jour.

 

Du barrage de la Platte-Taille aux ascenseurs remarquables de Strépy-Thieu, de remparts en abbayes de légende, de beffrois en musées, de chaussée romaine en chemins de traverses, célèbres ou modestes, Claude Durieux connait tous les lieux.

Il en sait le passé et le présent, il n’a eut de cesse d’y insuffler un avenir.

 

Ses outils furent notamment ceux de la culture et du tourisme. 

 

La reconversion des vestiges du passé en lieux de mémoire vivante, telle fut sa grande passion.

Avec le Grand Hornu, nous pouvons affirmer qu’il eut de quoi l’assouvir pleinement !

 

Claude Durieux et le Grand Hornu, un homme et un site, devenus indissociables.

 

Spectaculaire ensemble architectural érigé au début du 19ème siècle, fleuron de l’industrie minière au faîte de la réussite, symbole d’un temps glorieux, d’un temps de déclin et d’abandon, témoin aujourd’hui  de la renaissance d’une région.

Le Grand Hornu reconnu patrimoine exceptionnel de l’Unesco le 1er juillet 2012 est aussi Musée d’Arts contemporains et l’on ne compte plus aujourd’hui ses succès.

 

Même retraité, je n’imagine pas Claude Durieux s’en désintéresser !

 

La retraite, ce temps qui devient  sans contraintes, où d’autres liens peuvent se nouer, ce temps, qui sait, de réaliser enfin un vieux rêve d’adolescent ?

 

Certes, il y a une période un peu déstabilisante, pour certains un peu douloureuse. Il y a de l’émotion, des retrouvailles pour un départ, un deuil ou une nostalgie, un soulagement, une interrogation : que faire de cette liberté ?

 

 De ce que je sais de Claude Durieux, je crois qu’il y a l’impatience de nouvelles portes à ouvrir, la fidélité confirmée à ses valeurs et à ses enthousiasmes, un bel équilibre entre constance et challenge, du cœur en toutes circonstances.

 

Pour ces temps dédiés  si généreusement à votre province, à son patrimoine et à tous vos concitoyens, pour la qualité de votre investissement personnel sur la scène politique, Monsieur le Gouverneur, nous vous remercions.

 

Pour ces temps à venir, Monsieur le Gouverneur, nous vous souhaitons le meilleur de vos espérances.

 

André Flahaut

 

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