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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours prononcé à l'occasion du départ à la retraite du Gouverneur de la Province de Flandre Orientale, André Denys

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 9 Janvier 2013, 15:44pm

Catégories : #Discours

Janvier-2013 5011Janvier-2013 5023Monsieur le Gouverneur, Madame,

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

 

Je sais que votre province vous a déjà rendu les honneurs et ce, de manière aussi brillante qu’enthousiaste.

Il se dit que dans la vie, on a ce que l’on mérite. Certes, il y a des exceptions mais en ce qui vous concerne, il n’est point de doute.

En ces lieux, sans doute serons-nous plus solennels mais non moins chaleureux et admiratifs de l’homme et de sa carrière.

 

Les réussites sont toujours le fruit d’une passion et des couleurs de l’enfance.

Au commencement, il y eut la famille, l’entreprise familiale, le charme et parfois la dureté de la ruralité et déjà des valeurs, une morale, une manière d’être, l’apprentissage du pragmatisme et de l’économie, le droit à l’ambition pour peu qu’elle respecte l’éthique. Et ce fut fait.

 

Né à Gistel où se concurrencent  la mémoire  de Sainte Godelieve  et  de Sylvère Maes (double vainqueur du tour de France en 1936 et 39), André Denys a préféré l’exemple du vainqueur à celui du martyr. Il se passionne pour  le cyclisme en amateur et y apprend le travail en équipe, le respect de l’autre et confirme le sens de l’effort que ses parents lui ont inculqué.

 

Du sport à la politique locale, il semble qu’il n’y ait eut qu’un tour de roue. André Denys est entré dans l’engrenage qui le portera jusqu’à ce jour. Il franchira toutes les étapes avec intelligence et fermeté, attentif aux autres non pour s’en méfier mais  afin leur être utile.

Il choisit l’équipe des bleus et sa fidélité dans les victoires comme dans les défaites, fut sans faille.

 

Il n’a que 21 ans lorsqu’il rachète une tannerie, à Zulte, bastion solidement catholique qui l’obligera à patienter longuement sur les bancs de l’opposition.

L’attentisme et le niveau local ne suffisent pas à André Denys. Dès 1981, il est élu député fédéral, à l’époque, on disait « national », et le restera jusqu’en 1995.

Il a en effet décidé de concentrer ses efforts et ses talents à sa région : il sera député flamand jusqu’en 2004.

La boucle est bouclée : le voici gouverneur, comme un retour aux sources de la proximité et de la disponibilité.

 

A l’aune des discours, les vies et les carrières sont lissées mais nous avons tous ici nos expériences  et la certitude qu’il n’en est rien. Nous savons la charge des responsabilités, l’interrogation et les doutes parfois à l’heure des choix, la virulence de la critique, l’incompréhension, la distorsion de nos actes et de nos mots. Nous savons les écueils et le vertige des victoires, nous savons la force de nos convictions personnelles et le mépris qu’elles peuvent engendrer. Nous savons qu’il nous faudra concéder parfois, donner toujours. Mais il y a la manière …

J’ai retrouvé cette affirmation d’André Denys : « Ik ben iemand die een politiek wil voeren voor de mensen die mij gekozen hebben en niet iemand die altijd maar knikt voor dictaten van hogerhand”.

On ne peut être plus clair.

Profondément démocrate, il a mis sa force de travail au service de ses concitoyens,  sans limite ni équivoque mais non sans quelque amertume ou rébellion à l’égard de ses partenaires, adversaires politiques ou compagnons de route.

 

Monsieur le Gouverneur, je prends le risque  d’évoquer un de vos conseils : «Van mijn 23 jaar in het Parlement, ben ik 17 jaar te braaf geweest. Als ik een goede raad mag geven : wacht geen 17 jaar om rebels te worden » disiez-vous en quittant le Parlement flamand en 2004. Considérant mes fonctions actuelles, je  pourrais m’inquiéter de cette exhortation  mais à vrai dire, elle me plait et je me dis que pour vous,  le mot « retraite » ne sera pas celui de l’apaisement.

 

Vous ne répondrez pas aux clichés qui s’y attachent, vous ne céderez pas au sentiment d’exclusion ni aux inutiles frustrations des dossiers non finalisés.

Vous poursuivrez vos combats, vous réaffirmerez  vos idéaux, vous resterez à l’écoute des personnes et du monde.

Vous avez droit à la fierté du travail accompli mais n’en abuserez pas. Vos valeurs sont intactes, vos souvenirs heureux.

Vous continuerez à participer, à apprendre et à transmettre.

 

De Gistel à Zulte, de l’Institut Saint-Nicolas d’Anderlecht à Gand, de l’industrie à la politique,   du sport à la lecture, du PVV à l’Open VLD, de l’indignation à la sagesse, André Denys ne peut se définir que comme un grand monsieur dont l’ambition n’a pas été celle des titres de gloire mais celle, bien plus rare, d’un humanisme réussi.

 

Pour l’exemplarité de votre passé, pour ce moment de convivialité partagée, pour ce qui est accompli,  Monsieur le Gouverneur, je vous remercie.

 

Que le futur vous soit généreux, c’est ce qu’au nom de toute l’Assemblée, je vous souhaite sincèrement, chaleureusement.

 

André Flahaut

 

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