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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours du 1er mai 2012

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 1 Mai 2012, 12:00pm

Catégories : #Discours

André Flahaut

Président du Parti socialiste Brabant-Wallon

 

Chers amis, camarades,

Tout d’abord, je tiens à vous remercier d’avoir accepté l’invitation à participer, ce midi, à notre manifestation du 1er mai. Cette manifestation est avant tout un acte répété d’engagement et un moment fort de militantisme. Ce militantisme qui doit être permanent. Je salue d’ailleurs et vous demande d’applaudir la détermination dont font preuve Dominique, les équipes de la Fédération et de la Mutualité socialiste pour réussir chaque année notre fête du 1er mai. De tout cœur, je les félicite et avec eux, celles et ceux qui, toute l’année durant, travaillent dans l’ombre pour assurer la transmission de nos valeurs ainsi qu’une présence socialiste permanente sur le terrain, tous les terrains. Car notre première marque de fabrique, notre label de qualité à nous socialistes, c’est la proximité et la disponibilité dans la durée alors que d’autres acteurs politiques se contentent d’apparitions sporadiques en trompe l’œil, en prévision des élections.

Une autre marque de fabrique est la fidélité de nos militants, sympathisants et amis à nos valeurs de solidarité, de liberté, d’égalité et de fraternité. Ainsi, il y a quelques jours, à Perwez, j’ai remis un diplôme d’honneur pour 50 ans d’affiliation au Parti. C’est aussi cela le socialisme ! Et je ne peux m’empêcher, en ce moment, de penser à tous les militants de la première heure qui nous ont quitté, fidèles à leurs convictions et, plus particulièrement, à Alphonse Kesh, militant politique, syndical et surtout éducateur et formateur de citoyens.

Chers amis, chers camarades,

On ne répétera jamais assez que le Brabant-Wallon, notre Brabant-Wallon, est atypique sur le plan politique, sociologique par rapport au reste de la Wallonie et que cette jeune province, que nous avons voulue et construite, dérive aujourd’hui, rapidement et dangereusement, vers une société duale.

En effet, parallèlement à un phénomène constant de paupérisation auquel elle doit faire face, elle s’est considérablement développée sur le plan économique et jouit, à présent, d’un rayonnement mondial.

Ce rayonnement du Brabant-Wallon, peut et doit encore être déployé compte tenu de nos atouts. Mais cela doit se faire de façon équilibrée et non au détriment de l’indispensable solidarité.

Cette situation est de plus en plus difficile à faire comprendre aux responsables politiques d’autres niveaux. De fait, alors que les flamands isolent de plus en plus le Brabant-Wallon du reste de la Wallonie parce que nos chiffres de performances économiques sont meilleurs, certains bruxellois nous considèrent comme wallons mais, dans le même temps, nous engloberaient bien volontiers dans leur arrière-cour et enfin, nos amis wallons nous prennent quelques fois pour des wallons riches et donc peu solidaires.

Il y a sans doute du vrai dans ces constats. Néanmoins, il existe, en Brabant-Wallon, une force de résistance, une formation politique qui fait de la défense et du respect de l’identité brabançonne-wallonne sa priorité. Et cette force, c’est le PS. Cette identité, que nous revendiquons pour le Brabant-Wallon, nous la voulons tout en étant terre d’accueil des arrivants de Flandre, de Bruxelles et du reste du monde, mais aussi terre d’expression de la solidarité non seulement entre brabançons-wallons nés natifs et brabançons-wallons d’adoption mais également envers les autres régions et les autres peuples du monde. La solidarité doit, en effet, être notre valeur de base, le guide de nos actions.

Dire cela peut paraître banal, surtout dans ce pays, dans cette Europe et en ce moment précis où ces mêmes valeurs de solidarité sont souvent battues en brèche par les conservateurs de tous bords qui ne jurent que par les ratios, la dette, les agences de notations et les banques et qui prônent l’austérité pour l’austérité.

Cette dans cette Europe là que nous vivons pour l’instant, que nous vivrons encore longtemps et que nous condamnerons nos enfants et petits-enfants à vivre si nous n’y prenons garde. Ce n’est pas cette Europe là, en revanche, qui a permis la Paix, celle que nous avons voulue et que nous voulons retrouver.

Si nous restons les bras croisés, le nationalisme et le « retour aux frontières » vont continuer à gagner du terrain et, dès lors, l’ère du chacun pour soi du rejet de l’autre prendra petit à petit le dessus, ne laissant la place qu’aux riches.

Fort heureusement, un frémissement s’est produit en Belgique. Les efforts d’Elio, de Laurette et de nous tous ont fini par payer. Notre détermination nous a offert un gouvernement. Un gouvernement qui fonctionne en préférant une rigueur concertée évitant de tomber dans les travers du « gouverner pour faire mal «  comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays. Un gouvernement difficile, certes, mais qui prend ses responsabilités, en décidant d’allier rigueur et concertation et en protégeant ceux qui sont moins bien lotis et vivent de leur travail. Il s’agit là d’une démonstration, une de plus, de notre capacité à surmonter les épreuves et à relever les défis.

C’est vrai que, dans l’immédiat, nous ne sommes pas toujours compris par tous, y compris par nos amis du syndicat. C’est à moyen et long terme que nous pourrons mesurer les bénéfices de ces choix pour la population.

Avant-hier, j’étais à Nivelles, à la fête de la centrale générale. Je m’y suis senti bien et, une fois de plus, j’ai constaté que lorsque l’on se parle entre politiques, mutualistes et syndicalistes, lorsque l’on dialogue, on se comprend et le partage de nos valeurs reprend le dessus pour en ressortir plus fort dans l’action. C’est par ce dialogue permanent et constant que nous parviendrons à travailler différemment et à résister.

Je ne vais pas vous faire l’injure de comparer notre politique avec celles menées ailleurs comme aux Pays-Bas, ou le gouvernement est en échec, en Allemagne, ou la coalition est ébranlée, ou encore en Italie, ou la technocratie a pris la direction des affaires. Je ne reviendrai pas non plus sur l’humiliation faite au peuple grec ainsi qu’à nos amis espagnols et portugais. Va-t-on pousser ces peuples dans les bras des extrêmes comme à une certaine époque ? Dans tous ces pays, ce sont les interlocuteurs sociaux qui sont méprisés, le peuple qui subit et qui souffre.

 Nous n’avons jamais voulu et ne voudrons jamais cela pour la Belgique. Les socialistes, quelles que soient leurs fonctions et l’endroit où ils les exercent, gardent en tête une attention permanente à l’égard des plus faibles. Ils n’oublient jamais d’où ils viennent et pourquoi ils sont là : précisément pour défendre, en ces moments de tempête provoqués par d’autres, celles et ceux qui en sont les victimes, mais aussi pour apporter de l’espoir et construire une société plus juste et plus solidaire.

 Notre position est, certes, difficile. Nous ne sommes ni dans un gouvernement de gauche, ni dans un gouvernement de droite mais plutôt dans un gouvernement équilibré, piloté par des socialistes qui ont eu le soucis que notre pays et ses régions continuent à fonctionner sans risquer le chaos dont on connait les victimes potentielles.

Plus que jamais, au niveau du parti et à tous les échelons, la cohérence est indispensable. La priorité va donc au dialogue. Un dialogue permanent et concerté. Il n’y a qu’en nous mettant d’accord sur les objectifs précis de relance, d’emploi et de défense des plus faibles et de tous ceux qui travaillent, que nous y parviendrons, sans nous laisser distraire par l’arrogance de nos adversaires et de certains partenaires. Leurs provocations doivent nous laisser de marbre car nous, nous socialistes nous savons ce que nous voulons.

Chers amis, chers camarades,

Nous assistons aujourd’hui à une tentative de remise en cause de tout ce qui est public au profit du privé. Cette dérive rompt toute solidarité et menace toutes nos obligations de rendre le service public de qualité accessible à tous.

Il s’agit là aussi d’une dérive dangereuse qui nous mène encore plus vite tout droit vers une société duale, une société dans laquelle ceux qui possèdent amassent toujours plus et ceux qui souffrent s’essoufflent et s’éteignent. Autrement dit, c’est l’opposé du projet socialiste. Il est donc impératif et urgent de réhabiliter les notions de puissance publique et d’intérêt général, de réhabiliter l’Etat, de redonner ses lettres de noblesse à la laïcité de l’Etat.

Trop souvent aujourd’hui, au profit d’ intérêts commerciaux ou marchands, on assiste à l’abdication du pouvoir public dans l’exercice de ses fonctions. On laisse le soin d’établir les décisions aux agences de notations et aux experts de jouer notre rôle alors qu’ils ne sont en rien confrontés à la réalité des terrains. C’est dans la direction inverse que doivent tendre les vraies démocraties. Elles doivent se réapproprier tous les champs d’action qui touchent aux personnes et être plus que jamais garantes de la primauté de l’intérêt général sur les profits particuliers.

Il faut impérativement relancer l’économie. Pas seulement à l’échelle de la Belgique mais à l’échelle européenne, mondiale même. Pas à la façon des conservateurs qui ouvrent toujours plus le marché et qui, de ce fait, génèrent des concurrences entre les allocataires sociaux et les gens qui vivent de leur seul travail, ou encore entre ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs, pas non plus en pensant, par exemple, que la solution pour y parvenir serait de mettre un terme à l’indexation des salaires. Il faut, au contraire, certes doper la compétitivité de nos entreprises mais surtout en encadrer les prix.

Pour cette raison, dans le Brabant-Wallon peut-être plus qu’ailleurs, il faudra redonner la priorité à la justice sociale et à la transparence dans les programmes provinciaux et communaux. Il faudra veiller à ce que l’intérêt général prime sur les égoïsmes matériels, sociaux, culturels, économiques, … sans mettre à mal le bien-être et la qualité de vie de la population.

Les élections communales et provinciales seront l’occasion, 6 ans après les précédentes, de mesurer la différence entre les communes qui associent des responsables socialistes à leur gestion et celles qui se privent de nos compétences comme c’est le cas à la Province. Depuis 2010, le PS est redevenu par la volonté de l’électeur la 2ème force politique de notre Province. Il faut que cela se confirme lors du scrutin communal et provincial.

Des équipes se constituent. Le pragmatisme est et doit être à l’ordre du jour. En fonction de la réalité des différentes entités, des décisions sont prises en toute souveraineté par les Unions Socialistes Communales.

Il arrive que des amis, parfois de longue date, s’écartent de notre route parce qu’ils décident, en toute connaissance de cause, de poursuivre leur propre chemin. Bien sûr, cela ne nous réjouit pas et nous n’aimons pas exclure quelqu’un. Mais lorsque ce quelqu’un souhaite prendre une autre direction nous devons l’accepter.

Le respect d’autrui et de ses choix fait, en effet, aussi partie de nos principes. Mais, alors que quelques-uns partent, davantage et de nombreux autres nous rejoignent. Nous pourrons compter sur eux pour reprendre le flambeaux.

Pour ne pas conclure sur ce point, j’ajouterai que d’ici octobre, le travail se poursuivra dans les 27 communes du Brabant-Wallon et pour la Province. Tout cela en utilisant, à bon escient, les forces et les compétences particulières de chacun afin de confirmer et de conforter l’assise du PS dans nos villes et communes.

Quand la tempête gronde, nous avons, en effet, besoin d’hommes et de femmes politiques, capables de tenir le cap afin de créer une chaîne robuste de solidarité et d’union pour traverser cette tempête contre vents et marées. Nous avons besoin, dans le Brabant-Wallon peut-être plus qu’ailleurs, d’acteurs politiques responsables capables de gérer et de décider. Nous n’avons pas besoin, en revanche, de poseurs et de phraseurs qui n’existent que par leurs promesses.

Nous ne voulons pas de gens qui disent aux autres qu’il agissent pour leur bien, qui leurs disent : « fais ce que je dis mais pas ce que je fais » dont la main droite ignore ce que fait la main gauche, qui pratiquent la politique par jeux pour eux-mêmes plutôt que par passion pour les autres et pour le bien public. Non ! Le Brabant-Wallon n’a pas besoin non plus de responsables politiques qui saupoudrent les subsides au gré des vents en ces temps difficiles. Mais oui, le Brabant-Wallon a besoin d’équipes fortes et de personnes qui savent s’engager et travailler dans la durée. Le Brabant wallon a besoin des Socialistes.

Thierry, Elio, Laurette, Rudy, Paul, Jean-Claude … vont continuer de s’engager en 1ère ligne pour porter haut et fort les couleurs et les valeurs du Socialisme.

A notre niveau, la mobilisation se poursuit pour compléter les équipes. Malgré le contexte particulier, cette mobilisation sera, en brabant-Wallon, j’en suis persuadé, couronnée par une nouvelle victoire en octobre prochain.

Pour toutes ces raisons que je viens d’évoquer et bien d’autres encore, nous sommes et devons être, en ce jour de fête du travail plus que jamais, fiers d’être socialistes et porter haut les couleurs.

 Bon 1er mai à tous.

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