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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Discours à l'occasion de la commémoration du cinquantenaire...

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 30 Septembre 2010, 12:58pm

Catégories : #Discours

Commémoration du Cinquantenaire de l'indépendance de la
République Démocratique du Congo

Bruxelles, le 28 septembre 2010

Monsieur le Président de la Chambre
Mesdames et Messieurs les Hauts Cadres
Mesdames et Messieurs en vos titres, grades et qualités,

Je veux vous dire l'honneur qui est le mien d'avoir été invité à présider avec le Professeur Evariste Boshab, cette agréable soirée, en  cette occasion particulière qu'est le cinquantenaire de l'indépendance de votre cher pays
Ce pays qui, vous le savez, m'est cher également.
J'ai eu l'occasion et oserais-je dire parfois le bonheur, de m'y rendre à de nombreuses reprises dans le cadre des diverses fonctions que j'ai occupées ces dernières années. J'y suis retourné l'an passé, avec ma fille, pour une semaine de vacances et c'était là, croyez-moi, une exception que seule la RDC pouvait générer puisque qu'il est de notoriété publique - et je la confirme - que je ne prends jamais de vacances !

L'amitié est une chose précieuse, il y a donc lieu de faire les gestes, de dire les mots qui l'entretiennent.
C'est le sens de mon propos de ce soir comme ce fut celui de mon action de ministre de la Défense notamment.
L'Histoire d'un pays, c'est l'histoire des hommes qui la façonnent avec leurs défauts et leurs qualités, leurs rêves et leurs déceptions, leurs réussites et leurs erreurs.
La République Démocratique du Congo a eu ses temps de guerre. Par ma fonction, j'en ai suivi les drames, les violences, les souffrances et enfin l'apaisement, la mise en place d'élections libres et démocratiques,  l'espoir  qui retrouve ses droits.
Toutes les nations connaissent des temps de turbulences et l'on sait tous que les leçons de l'Histoire et la mémoire ne portent pas souvent les fruits que l'on pourrait en attendre. La République Démocratique du Congo a aujourd'hui repris le cours de la pacification, de la restructuration et du progrès. Certes, des voix s'élèvent parfois avec impatience, certes à l'est du territoire, persiste la guérilla, certes il n'est pas de violences excusables mais je crois qu'il y a lieu de donner à ce pays immense le temps de se construire et de se reconstruire. Ce qui valait pour Rome vaut pour Kinshasa, elle ne se fera pas en un jour. Cette notion de temps nécessaires, il nous faut l'accorder à ce pays. Il nous faut aussi être juste dans nos appréciations : il ne faut pas craindre de dire ce qui ne va pas mais il faut aussi être fier de confirmer les réussites et avoir l'enthousiasme et les audaces de poursuivre l'effort.
Vous êtes les hauts cadres de la République Démocratique du Congo, votre responsabilité est engagée. Vos ambitions doivent être à la hauteur des défis : grandes, généreuses, sages et multiples. Notre devoir est de vous aider à les réaliser non pas par les méthodes surannées et vexatoires de l'assistanat mais par les voies du partenariat, de l'engagement solidaire et équilibré de toutes les parties.
Des missions de partenariat, j'en ai développé un certain nombre avec votre pays lorsque j'étais ministre de la Défense, qu'il se soit agit de matière militaire, de formation ou de santé.
Je suis heureux de ces expériences.   Je regrette toutefois la politique actuelle dont les choix s'avèrent manquer sérieusement de volonté de solidarité et d'orientation humanitaire.
La solidarité m'a toujours été un maître-mot. Je crois, avec force, qu'elle est moteur  de respect, de tolérance et de progrès entre les peuples. Que l'on parle d'initiatives locales telles les mutualités de santé ou le CAPDEV ou de mesures d'ampleur internationale, de choix économiques ou politiques, la solidarité doit guider nos pas et nos actions.
La solidarité,  elle commence par les relations. Je sais, par expérience,  qu'avec la République Démocratique du Congo, elles sont de qualité. Je ne reviendrai pas sur l' Histoire commune de nos deux pays, mais on ne peut nier qu'elle nous a laissé le privilège des amis. On se connait bien, on se dispute un peu parfois, il arrive qu'on s'oublie mais on sait que les retrouvailles  seront toujours chaleureuses, que nous sommes prêts à reprendre la route ensemble.
A l'ère de la mondialisation, il est indispensable de développer le réseau relationnel à grande échelle. Je crois en la nécessité d'étendre et de multiplier les projets de partenariat, je crois en l'efficacité de l'échange et de la communication directe, raisons pour lesquelles je plaide pour un axe à trois pôles - RDC /Belgique/Asie - et ce, compte tenu de la présence marquée de l'Asie et notamment de la Chine, dans votre pays et plus généralement en Afrique. Je plaide pour que s'établissent rapidement des relations trilatérales concrètes qui auraient pour cibles premières l'éducation,  la santé et  la formation.
Le business, les affaires, l'économie ne sont pas incompatibles avec la solidarité ni avec le respect de l'autre. On a trop tendance à l'affirmer et à considérer les antagonismes. Je suis un indéfectible optimiste. Avec vous, je veux croire en tout ce qui est possible pour la République Démocratique du Congo et pour ses citoyens.
Il y a les discours et il y a les actes. Monsieur le Président, la collaboration appliquée à nous-mêmes, c'est aussi celle que je souhaite confirmer  entre les deux assemblées que nous avons l'honneur et la responsabilité d'assumer, vous à l'Assemblée  nationale de la République Démocratique du Congo, moi à la Chambre des Représentants du Royaume de Belgique. Mon vœux est de renforcer la collaboration entre nos assemblées respectives. Je sais  ce voeux partagé.
Ma conviction est que le temps confirmera nos potentialités de partenariats, ma conviction est que la volonté et les moyens existent, ma conviction est que chacun, dans cette salle, est prêt à s'y engager avec le meilleur de son énergie et de ses compétences, avec la part du cœur que je vous connais et que vous savez partagée.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, c'est en vous réitérant ma confiance dans l'avenir de nos partenariats et mon engagement à m'y investir que je vous remercie et que je vous souhaite une excellente soirée

André Flahaut

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patrick lance 30/09/2010 15:01


pourquoi taire la vérité!
La RDC n'est pas une démocratie, le régime en place est loin d'être un exemple. même si quelques progrès ont été réalisés, chaque jour des opposants sont arrêttés, d'autres disparaissent...
On pille le pays sans vergogne...

J'ai énormément de respect pour vous et encore plus pour votre "amour" de ce pays que je partage.
Je m'attendais à ce que vous syez plus "clair", plusq réaliste et plus exigeant.

le Congo et les Congolais méritent que leur cris soient entendus...

pour que demain, une véritable démocratie puisse voir le jour.


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