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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Cérémonie en l'honneur des médaillés du travail

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 8 Janvier 2013, 14:31pm

Catégories : #Discours

Janvier-2013 4973

Janvier-2013 4970Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Nous avons le plaisir d’être réunis ce jour pour saluer la longévité  et la qualité de vos carrières.

 

L’exercice n’est pas neuf.

Certes, je ne sais quelles en étaient les formes au dix-neuvième siècle, mais vous apprendrez  sans doute que c’est l’Arrêté royal du 7 novembre 1847 qui a créé les « Médailles d’honneur ».

Que disait cet Arrêté ? Que lesdites médailles  « étaient destinées à distinguer et à récompenser tous ceux qui mettraient leur savoir, leur talent, leur dévouement, leur probité et leur idéal au service de la cause du travail ».

Voilà bien l’intention qui nous occupe aujourd’hui  et son  invariabilité  dans le temps.

 

Le temps, c’est l’autre facteur. Ce temps qui a passé, qui nous a appris, qui a changé les choses,  qui a semblé long ou court et que nous mettrons quelques instants entre parenthèse, pour saluer toutes celles et ceux  qui se sont investi durablement dans leur vie professionnelle.

Les critères d’attribution diffèrent, mais le concept qui propose la reconnaissance officielle de la qualité des services, spécifiquement  en faveur de l’Etat, en est très proche.

 

Au sortir de cette cérémonie, il y aura des Chevaliers, des Commandeurs, des palmes d’or, des médailles d’argent, de nouveaux Officiers et Grands Officiers. Certains auront déjà atteint l’âge de la pension, d’autres devront faire preuve d’encore un peu de patience. Ils en seront maris ou s’en réjouiront. Cela importe peu, ce sera à la discrétion de chacun.

 

Mon devoir est de remercier tous les nouveaux récipiendaires, de leur dire la reconnaissance de l’Etat mais aussi de souligner leur exemplarité.

 

Ces femmes, ces hommes si légitimement mis à l’honneur aujourd’hui, le sont parce que tout au long de leur carrière, ils ont fait preuve de professionnalisme, ils ont cherché à progresser dans leurs spécificités, ils ont manifesté les curiosités nécessaires, ils ont innové, ils ont proposé, ils ont réalisé.

Ils ont compris qu’évoluer est un critère d’épanouissement.

Ils n’ont jamais perdu de vue que leur mission était dédiée au service public et plus largement à la collectivité.

 

Certes, il y eut la fatigue, les découragements, les impatiences, ici ou là, une frustration.

 

Il y a – et on n’y pense trop rarement – la reconnaissance sociale d’avoir un travail.

 

Il y a les rencontres, les satisfactions du travail bien fait, des collègues qui deviennent des amis, une accumulation d’expériences dont on ne mesure pas toujours les bienfaits.

 

Aujourd’hui, c’est sans doute aussi l’occasion de jeter  un regard en arrière, de mesurer le chemin parcouru avec quelques nostalgies peut-être, avec fierté certainement. On évalue les changements, on se souvient des choses et des personnes qui ont compté.

 

La distinction qui vous est dédiée ce 7 janvier 2013, c’est un repère parmi vos tranches de vie tant il est  vrai que le travail accompagne la destinée de chacun. Il est consubtantiel à notre vie. Il ne permet peut-être pas toujours le bien-vivre mais ne pas en avoir signifie pratiquement toujours : mal vivre.

L’exercer  dans la fonction publique a été votre choix, un choix judicieux qui vous permet en ces temps difficiles d’échapper au stress  de perte d’emploi et du chômage. De nos jours, cela devient une chance.

Le chômage, un mot bien plus rarement évoqué au début de votre carrière et devenu la préoccupation majeure des responsables politiques, est une pénible  évolution  mais il en fut de plus positives. Je pense notamment à la féminisation  du travail et au droit à l’égalité, même si la fonction publique n’a jamais été en reste, bien au contraire (enfin, je suppose ?).

Et il y eut tous les progrès liés aux techniques informatiques, les courriels qui nous envahissent, les fiches et les classements papier qui nous apparaissent soudainement si lointains, caduques, surannés, si pesant « à l’époque » et qui nous font enfin sourire.

 

Ce que j’appelais « chance » de travailler ici, n’est une condition ni nécessaire, ni suffisante à l’illustration de vos mérites. Toutes les richesses de votre personnalité ont été activées et il en est parmi vous qui ont atteint l’excellence. Sans doute auriez-vous fait de même, ailleurs.

Ce que j’ose espérer, c’est que vos jeunes collègues auront à cœur de vous prendre en exemple et de perpétuer toutes les raisons  qui justifient notre reconnaissance et votre fierté.

 

La distinction dans les ordres nationaux, c’est également un hommage à votre apport, en tant que citoyen, à la collectivité, au service public et, partant, à notre démocratie.

 

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme nous dit « Tout homme a droit à un travail ».

Nous en sommes si loin !

Il n’en est que plus essentiel que celles et ceux qui bénéficient de ce droit l’apprécient à sa vraie valeur et s’y investissent au mieux de leurs moyens et de leurs compétences.

Toutes celles et ceux que nous honorons aujourd’hui l’ont fait. Ils ont repoussé les résistances, contourné les écueils, ils ont accepté les remises en question personnelles ou extérieures, ils ont imaginé de nouveaux outils, évité les écueils, équilibrant avec justesse le cœur et la raison.

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, c’est avec  et grâce à vous que les mots « service »  et « service public » confirment  leur grandeur et leur nécessité.

 

Pour votre immense contribution et votre exemplarité, je vous remercie, je vous félicite et vous souhaite les meilleures suites.

 

André Flahaut

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