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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Rentrée politique du PS

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 3 Octobre 2009, 12:15pm

Catégories : #News

Intervention d’André Flahaut


Rentrée politique du PS Brabant wallon 

JODOIGNE le 3 octobre 2009

 

 

Je voudrais, tout d’abord, - à mon tour – saluer l’initiative prise par les amis de Jodoigne, de nous inviter à cette manifestation de rentrée.

 

Ils nous ont ainsi donné l’opportunité d’unir nos efforts pour vous présenter, avec la mutualité, les FPS, PAC, l’Espace Belle Vue et P&V un programme varié et intéressant.

 

Ils nous ont également offert l’opportunité de nous retrouver ici à Jodoigne, dans cette commune où la mainmise libérale et conservatrice s’est installée depuis de trop nombreuses années jusqu’à en faire la « Mecque du libéralisme », puisque chaque année au 1er mai,  les jodoignois doivent subir le défilé de tout ce que la « petite planète bleue libérale » compte de petits hommes et petites femmes bleues.

 

Mais notre présence ce matin est surtout la preuve que les socialistes sont toujours debout et plus déterminés que jamais à se dresser contre les intentions, projets et initiatives qui, chaque jour, menacent les plus démunis de notre société. Quand ils ne mettent pas en place des systèmes nouveaux de précarisation, telle cette idée d’engager des distributeurs de courriers dont les salaires seront scandaleusement bas et se feront au détriment du personnel en place.

Plus décidés que jamais aussi à relever les défis et à être proches et disponibles pour tous et plus particulièrement aux côtés de celles et ceux qui souffrent de la crise du système libéral, comme les producteurs de lait et les postiers aujourd’hui.

C’est un engagement !

 

Que penser de cette rentrée ? Du climat dans lequel elle se  passe à tous niveaux ? Où en sommes-nous quelques semaines après les élections ? Que convient-il de faire dans les 19 prochains mois hors campagne qui nous séparent des élections législatives et à 36 mois des communales et provinciales ?

 

Je souhaiterais réfléchir avec vous à ces quelques questions.

Mais tout d’abord, où en sommes-nous quelques semaines après les élections ?

 

Je ne reviendrai pas sur le déroulement de cette campagne, certainement la plus exécrable que j’ai connue depuis que j’exerce ce métier.

 

Je ne m’attarderai pas, si ce n’est pour souligner le coup de maître victorieux d’Elio Di Rupo face au président libéral, dans les dernières semaines de la campagne.

 

Je remarquerai et saluerai la formidable mobilisation, notamment de la mutualité, pour faire mentir tous les sondages par un sursaut salvateur, par une prise de conscience militante, et je tiens une nouvelle fois à vous remercier, toutes et  tous.


Enfin, je ne peux passer sous silence, cette attitude d’intelligence, courageuse, mais tellement difficile qui nous a vu accepter de subir pendant une semaine, les épreuves des 3ème et 4ème partis pour être considérés comme « aptes » à la gouvernance alors que nous étions en légitimité électorale, de jouer notre rôle confirmé de premier parti.

 

Notre pragmatisme a prévalu et c’est bien ainsi car c’était le pS ou le MR. Les déclarations écolos de ces derniers jours nous confortent dans l’idée que l’accord Ecolo-MR était scellé et que le cœur des Ecolos wallons penchait pour une alliance de droite, comme on le vit ou subit, en Province du Brabant wallon depuis 3 ans.

 

Cela nous procure l’occasion de redire une fois de plus que, contrairement à ce que  certains – même dans nos rangs – disent, ce n’est pas à cause de JM Flahaut, ni à cause d’un accord (non respecté) avec le CDH à Nivelles, ou à cause de nos députés permanents que Charles Michel et les Libéraux, n’ont pas respecté l’accord préparé en négociations avec le MR finalisés par P. Boucher et JM Flahaut  et signé.

La vraie raison est que le « grand leader libéral » a voulu faire oublier son opposition (déjà !) à l’élection de D. Reynders à la présidence du MR en se montrant plus « reyndersien » que D. Reynders, en anticipant sa volonté de bouter les « infréquentables » dehors en exauçant cette volonté en BW.

C’était aussi un moyen de se débarrasser d’un partenaire, jamais pris en défaut de loyauté, pour s’accaparer l’héritage et devenir seul maître à bord. Car, la vérité oblige à dire que la majorité provinciale est aujourd’hui un « ersatz » de majorité absolue libérale avec tous les défauts et dérives de toutes les majorités absolues…

 

Quel  gaspillage ! Mais, après avoir dilapidé les acquis des précédentes législatures, l’épreuve de la prise de responsabilités, de la décision, est maintenant là et il ne faudra plus se retrancher dans les artifices ou l’illusion.

 

Le pain blanc a été mangé par la majorité provinciale. Le pain noir arrive et on va voir comment ces « élus » vont s’y prendre pour cesser d’agir sur l’air de « tout va très bien, Madame la Marquise » ou « circulez, il n’y a rien à voir ! ».

 

Je crains cependant qu’en Brabant wallon, ce seront celles et ceux qui ont le plus besoin d’être aidés qui vont subir cette « non politique », cette lâcheté.

A nous de nous y opposer fermement !

 

Ainsi donc, à la Province, nous sommes dans l’opposition et nous devons clairement montrer la différence. C’est une opportunité que nous devons saisir et on la saisira !

 

Aux autres niveaux, nous sommes associés (quelquefois faute de pouvoir faire autrement puisque les pères de feue l’Orange bleue ne nous voulaient pas), nous devons, dès aujourd’hui, marquer notre différence, refuser que les autres s’approprient nos idées et nos projets ou revendiquent les fruits de choses pour lesquelles ils n’ont rien fait.

 

Nous devons rester une force de rassemblement et de propositions.

La participation au pouvoir ne peut nous ôter notre liberté d’idées, de faire et de penser pour promouvoir nos idées et nos valeurs. Le combat pour la poste de Louvain-la-Neuve est un premier exemple et démontre que rien n’est jamais acquis, même les certitudes des grands managers des entreprises publiques.

La mobilisation peut encore faire changer les choses !


Nous devons aussi dénoncer toute attitude populiste, poujadiste qui, avec la complaisance d’une certaine presse, mine à mon sens les fondements de notre démocratie en brisant la confiance entre les acteurs et, plus grave encore, en anéantissant la confiance de la population à l’égard de la politique et de ceux qui exercent cette mission.

 

Qu’on arrête de vouloir aller trop loin pour régler des situations de dérives individuelles – la société idéale n’existe pas et l’Homme n’est pas parfait.

Qu’on refasse confiance aux hommes et femmes politiques. Qu’on accepte aussi le fait qu’ils ou elles ne peuvent tout régler et qu’il vaut mieux parfois privilégier le pragmatisme et le réalisme plutôt que vouloir l’impossible par pur dogmatisme. L’intégrisme et les dogmatismes ne peuvent mener qu’à une impasse, à un mur.

 

Enfin, je crois qu’il s’agit, pour chacune et chacun d’entre nous, dans les cabinets par exemple, de ne pas oublier que nous sommes passé par le chas de l’aiguille. Si je dis cela, c’est parce que j’ai l’impression que certains ont déjà oublié cette réalité et font comme si rien ne s’était passé en attendant les prochaines échéances, susceptibles de les intéresser pour obtenir un poste ou conserver leur emploi. Cette attitude du « faisons semblant de rien » est irresponsable et dangereuse.

Le militantisme est un sacerdoce quotidien à exercer sans relâche, surtout en période non électorale.

 

Aujourd’hui, au moment où je vous parle, nos ministres et leurs collaborateurs sont au travail pour tenter de conclure le mieux possible, les contrôles budgétaires 2009 et les budgets 2010 et 2011 (ajouter la parenthèse des cathos en ballade à Rome ?)

L’exercice n’est pas facile – j’ai confiance en nos ministres et ministres-présidents pour terminer ces opérations sans (trop) de casse sociale, avec le souci de faire payer ceux par qui la crise est arrivée sans obliger les citoyens à payer deux fois ou à subir deux fois ces agissements.

 

Nos positions sont claires et je suis moins inquiet en sachant des socialistes autour des tables car, si nous n’étions pas là, j’ose à peine imaginer la « rage antisociale » pour satisfaire les sacro-saints principes du libéralisme, de la compétitivité, du chacun pour soi. Attention car ceux qui sont à la base du Tsunami financier nous disent déjà que l’accident est passager et que maintenant, cela va déjà mieux (pour les boursicoteurs peut-être).

Or, j’ai la conviction que nous avons vu juste et que nos valeurs reviennent à la mode. Que l’on observe nos agriculteurs et nos postiers, deux mobilisations ! Avec le soutien citoyen ! Cela finira par faire bouger les choses. A nous d’être avec eux. C’est notre place, ce sont aussi nos batailles !

 

En ce qui concerne plus particulièrement le Brabant wallon, nous devons aussi être hyperactifs !


Voici le menu que je souhaite vous proposer :

 

Si nous n’y prenons pas garde, d’autres vont s’occuper du Brabant wallon à notre place ou nous marcher dessus au moment des négociations (je pense à « Trop de bruits en BW »).

Je n’en veux pour exemple que tout ce qui se passe autour de Louvain-la Neuve. On dit se réjouir du développement du pôle universitaire mais il conviendrait peut-être que les acteurs politiques régionaux (et non seulement locaux ou voisins) soient impliqués. Je ne parlerai pas ici des négociations institutionnelles mais les brabançons wallons doivent faire preuve de cohérence et d’union…

 

A ce titre, sans polémiquer, je constate une perte d’enthousiasme chez les autres acteurs politiques du BW pour prolonger la réflexion sur le Brabant wallon à l’horizon 2020.

Il y a urgence de reprendre les travaux, surtout au moment où des patrons de nos trois régions envisagent le développement du « grand Bruxelles », sans trop se préoccuper du Brabant wallon et de ses habitants déjà assimilés.

Il ne faudrait pas que le BW devienne l’arrière cour de Bruxelles comme l’Amérique latine le fut durant des années pour les Etats-Unis.

 

Nous devons nous concerter pour exister et éviter qu’on fasse le travail à notre place. Je me méfie en effet de ceux qui  disent travailler pour notre bien…

 

 

Le dossier de l’enseignement :

Dans le cadre du bassin scolaire – concept présent dans la Déclaration gouvernementale wallonne – nous devons organiser d’urgence la concertation entre les pouvoirs organisateurs de l’officiel, au sein de la SPABS pour examiner et répondre aux problèmes d’infrastructures et ensuite jeter une passerelle vers le libre pour, par exemple, participer en semble à la construction d’infrastructures sportives à l’Est.

 

Les outils économiques devront, à mon sens, être réorganisés et simplifiés. Je remercie Claude Pasture et lui demande avec Philippe Remy de nous aider dans ce travail.

 

 

Dès à présent, mobilisons-nous pour 2011 et 2012 ! Il n’est jamais trop tôt car, en politique, un jour est l’éternité. Les jours, les semaines, les mois passent cependant très vite.

 

Le logement social doit nous amener à nous engager pleinement pour concrétiser et honorer les promesses électorales d’améliorer le quotidien de ces locataires, notamment en ce qui concerne l’énergie.

 

L’ISBW doit être, plus que jamais le bras armé de toute la politique sociale en Brabant wallon pour notamment l’accueil des enfants et celui des personnes âgées.

A cet effet, il me vient une réflexion : il me semble que le concept de « mutualisation », comme celui d’ «intercommunalisation » et de coopératives, sont des formules qui ont fait leurs preuves et qui, dans le contexte nouveau sont plus que jamais d’actualité.


Ainsi, pour nos villes et nos communes, il faudrait, il faudra  mettre de plus en plus de choses en commun pour relever les défis avec efficience et au moindre coût, sans remettre en cause la qualité des services ou celle  du contrat des travailleurs.

 

En ce qui concerne le tourisme en Brabant wallon, comme ailleurs, il doit être considéré comme un secteur économique et culturel susceptible de créer énormément d’emplois mais il faut que l’approche, là aussi, soit cohérente et équilibrée entre les divers sites (Villers la Ville, Waterloo, La Hulpe, Hélécine, Nivelles,…). Elle devra rester dans des limites budgétaires raisonnables car en cette période de crise, les priorités sont ailleurs. Il est donc, une fois de plus, nécessaire d’avoir une réflexion globale au niveau du BW et de la Wallonie.

 

Et enfin, maintenant que suite à notre action, TV Com sera aussi captée par les abonnés à Belgacom TV, il s’indiquerait qu’une collaboration plus étroite s’installe avec Canal Zoom et que la TV communautaire réitère sa démarche pour plus de citoyenneté responsable, avec toute la presse régionale et les politiques.

 

Enfin, en matière d’environnement et d’énergie, il s’indique d’urgence de dresser le cadastre des éoliennes pour accepter, dans le futur, uniquement un développement coordonné, planifié de projets qui s’intègrent au paysage mais surtout sous la forme de sociétés publiques ou mixtes (majoritairement publiques) pour garantir la pérennité des projets et éviter que quelques-uns ne fassent des bénéfices plantureux alors que des besoins collectifs d’intérêt général pourraient (devraient) être financés. En attendant, un moratoire s’impose.

 

En conclusion, les élus (tous) doivent aujourd’hui, être mobilisés et toutes celles et tous ceux qui sont, soit fatigués, soit démotivés ou encore en questionnement. On va les remotiver par l’écoute, par le dialogue et surtout par des projets concrets, car de tels projets mobilisateurs aident aussi à devenir ou à redevenir positif.

 

Les défis sont de taille, mais nous sommes capables, tous ensemble, de les relever.

 

Et pour terminer, au niveau du Parti et de la Fédération, il faudra donc travailler et beaucoup travailler pour initier ces thèmes et projets. Nous devons le faire avec les autres mouvements socialistes, nous devons être concrets, disponibles et proches.

Cela implique que nous nous ne limitions pas à travailler dans nos seules structures. Je vais reprendre contact non seulement avec nos USC et sections mais aussi avec le maximum de militants et sympathisants pour récolter des idées, pour fédérer les initiatives et élaborer des projets pour ensuite les concrétiser et surtout les REUSSIR et être CREDIBLES.

 

J’ai confiance et plein d’énergie !

 

Je vous remercie.

 

André Flahaut

Vice-Président du PS

Président du PS Brabant wallon

 

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