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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Quand les systèmes craquent de toutes parts …

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 27 Juillet 2009, 17:28pm

Catégories : #Billets d'humeur

 

 

A Anvers, du côté de chez Opel, 2000 travailleurs perdent jour après jour confiance en l’avenir de leur entreprise. Le spectre du chômage que la Flandre se targue si souvent  d’ignorer, voire de mépriser ceux qui en sont les victimes, se devra sans doute de revoir ses certitudes dans les semaines qui viennent.

 

Il ne s’agit pas ici de se réjouir du malheur des autres. Certainement pas. Perdre son emploi est in drame humain, social et  financier, psychologique et familial, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest.

 

Ce qui compte, c’est la solidarité face à l’adversité.

 

Quand les producteurs de lait wallons crient leurs difficultés, leur peur du lendemain, leur colère contre l’Europe,  on se tait dans la langue de Vondel, ou l’on se moque.

 

Quand les actionnaires du secteur automobile auront sonné  l’hallali de l’usine d’Anvers, que les ouvriers descendront sur Bruxelles pour manifester au Rond-Point Schuman leur colère et leur désespoir, la Flandre rira-t-elle encore des waalse boeren ?

 

Fondamentalement, les causes et les conséquences sont identiques : le rouleau compresseur de l’Europe libérale et  les exigences jamais assouvies du grand capitalisme.

 

Le Président Obama lui-même, reconnaissait, voici quelques jours, qu’il ne croyait pas que Wall Street ait tiré les leçons de la crise économique et des scandales qui ont ruinés des milliers d’Américains et l’économie mondiale tout entière, qu’il lui faudrait dès lors édicter de normes  contraignantes en matière d’éthique et de déontologie.

 

C’est dire si la solidarité et peut-être la solidarité seulement pourra répondre  au despotisme du capitalisme et à l’aveuglement de l’Europe économique.


André Flahaut

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Bérangère Lautrec 07/08/2009 10:56

Très intéressant! Merci!

Toutefois, la baisse des quotas n’est qu’un subterfuge pour faire grimper artificiellement le prix du lait, lisez pour comprendre; http://www.unmondelibre.org/Bedard_Lait_060809

Djote 06/08/2009 08:57

Rien rien, rien n'a changé... tout tout a continué !

Et voilà, rien n'a changé, personne n'a tiré les leçons.

- alors que les traders SONT la cause prouvée de la crise financière actuelle, par leur spéculation affolante et l'absence manifeste de régulation et de règles
- alors que l'état Francais a injecté 5 ou 6 milliard d'EUR dans cette banque... et que, vu que les bons résultats de BNP Paribas sont aussi issus des bons résultats de ex-Fortis Banque, et que l'état belge a injecté aussi plusieurs milliards dans Fortis,

peut-on comprendre que les traders reçoivent 1 millard d'EUR comme prime pour leur travail (pour "l'ensemble de leur oeuvre" peut-être ?) à se répartir entre 17000 personnes. Pour ceux qui ne veulent pas faire le calcul, cela représente presque 60 000 EUR par personne !!! Fameux bonus, c'est davantage que mon salaire annuel brut ! Bonus pour rémunérer leur magnifique prestation... et vu les aides des états, payée simplement par ... le contribuable.

On nous répondra que les traders participent au bon résultat de l'entreprise.... Et bien, ils sont aussi responsables du bon résultat qu'est la crise financière !

On dit aussi que sans ces primes, ils iraient voir ailleurs. Et bien, comme dirait l'autre, BON DEBARRAS ! il est temps de légiférer contre ces pirates de l'économie, et qu'ils ne puissent plus opérer leur terrorisme en Belgique, dans l'Union Européenne. S'ils rapportent 1 à l'entreprise, pour faire perdre 20 à l'ensemble de l'économie, je ne comprend pas ce que l'on peut avoir gagné !

Peut-on demander aux actionnaires de cette banque BNP Paribas de réclamer et de faire annuler cetta abération ? Tiens, l'état belge n'est-il pas actionnaire AUSSI de BNP Paribas ?
Et si l'état a injecté des moyens financiersr, si la banque est désormais capable de payer ce genre de rémunération.... il serait sain de demander remboursement immédiat ou échelonné de la totalité des aides. Il semble que ces banques en fait n'en avaient AUCUN besoin.

Djote 30/07/2009 10:46

Evidemment !!!!
Evidemment que Wall Street n'a pas tiré les lecons de la crise... c'est d'une évidence.
Ni Wall Street... ni la Belgique !

Si on avait réellement tiré les lecons de la crise qui s'est produite, on aurait purement et simplement FERME les bourses. Pas longtemps, juste le temps de faire le point. FERMER les bourses qques mois... AUCUN impact sur les entreprises: pas de bourse signifie pas de cotations... et maintien de la dernière cotation. (l'entreprise va bien ... surtout si en période de crise, elle n'a pas le souci d'une augmentation ou diminution spéculative de son cours).
Deuxième étape du scénario: on recrée de nouvelles bourses, qui en reviennent à leur role initial: en achetant une action, on investi dans une entreprise et on en devient propriétaire ! Lorsqu'une entreprise cherche un propriétaire (supplémentaire ou pour en remplacer un autre), elle aime savoir qui la possède (donc supprimer les participations autres que des participations 'en direct' et non au travers de fonds, SICAV ou autres montages complexes); l'entreprise cherche aussi un propriétaire qui va rester en relation un certain temps (pas 1 semaine... mais bien 2 ou 3 ans, finalement à l'équivalence d'une législature politique). Il est donc nécessaire d'induire une taxe en bourse sur la plusvalue éventuellement réelisée lors d'un achat/vente effectué sur une période inférieure à 1 ou 2 ans !

Ah... Autre chose: la crise actuelle a aussi été créée par le fait que la bourse est devenue un grand ordinateur, géré par les ordinateurs: il est possible d'effectuer des milliers d'opérations en qques secondes sur le meme titre: ce qui se produisait avant en qques semaines se produit aujourd'hui en qques secondes. Et cela alors que TOUT LE MONDE a oublié qu'il s'agissait quand meme d'une opération de vente ou d'achat d'un morceau d'une entreprises (batiments y compris !) => quand vous achetez une maison, cela ne vous prend-t-il qu'une micro-seconde ? non, vous y réfléchissez, vous prévoyez une emprunt, vous passez voir la banque, vous devez aller chez le notaire... tout cela prend qques mois. Quand vous achetez un morceau d'entreprise en bourse, on ne vous demande rien de tout cela... Normal ???

On critique la CBFA... mais comment voulez-vous controler des opérations aussi rapides.
Il n'y a qu'une seule solution à cela: ralentir le système en supprimant les ordinateurs. Une transaction d'achat ou vente ne devrait pouvoir se produire à la bourse que si acheteur et vendeur (ou mandataires) sont physiquement présents à la bourse ! Ca ralentira au moins le système: a la hausse comme à la baisse, cela ralentira les cycles. Remettons l'humain au centre et rappelons l'acte que l'on fait ! Et puis, cela a bien fonctionné pendant des dizaines d'années... y compris avec des bourses beaucoup plus locales, proches des gens.

Enfin, cette réouverture de la bourse aurait du se refaire par une réintroduction progressive des valeurs APRES controle, valeur par valeur.


La bourse est un endroit ou l'on peut acheter ou vendre un morceau d'entreprise. Il s'agit d'un acte important, vu qu'outre acheter des batiments (sans acte notarié...), des machines, on se lie également à des travailleurs: employés, cadres, ouvriers, management, intérimaires.
C'est une relation à envisager sur le long terme.
C'est une relation qui ne doit pas devenir pour l'entreprise un risque ... ou devenir le seul objectif de l'entreprise: s'arranger pour que le valeur de son action augmente le plus vite possible, le plus fort possible... quitte à ce qu'elle retombe aussi vite 2 mois plus tard. C'est totalement absurde et cela devrait etre interdit.

Je discutais à la Foire de Libramont avec un agriculteur de vache laitière. Nous discutions coopératives, ainsi que les avantages et défauts du système. Les coopératives laitières sont détenues à la fois par les agriculteurs producteurs de lait et par les laiteries. Ma question qui les a étonné: "en tant que consommateur, pourrais-je également devenir coopérateur de votre laiterie ?". Voilà un produit dont j'ai besoin... et pour lequel j'aimerais donc entretenir une relation à long terme, savoir ce qui s'y déroule,.... La question est restée ouverte.

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