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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Congrès de participation - PS Brabant wallon

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 14 Juillet 2009, 16:36pm

Catégories : #Billets d'humeur

 

  
BRABANT WALLON 

 

Congrès de participation

 

Wavre, le 14 juillet 2009


 

Intervention d’André FLAHAUT – Président

  

La vie politique belge (et plus particulièrement le calendrier politique) est ainsi faite que pratiquement une année sur deux, les vacances sont amputées par l’après élection et ses négociations, d’accords gouvernementaux, de déclarations politiques et de composition de gouvernements.

 

Il y a les expériences malheureuses – souvenons nous du lamentable spectacle de la tentative «  orange bleue » (pourtant arithmétiquement vouée à l’échec depuis sa conception dans l’esprit du président du MR).

 

Aujourd’hui, les oliviers naissants sont plus heureux même si leur conception ne fut pas facile.

 

Le temps, qui arrange souvent bien des choses, permet aussi de faire oublier les mauvais moments passés il y a peu.

 

Rappel : avant la crise financière, les choses s’annonçaient très bien pour les majorités sortantes dans les entités fédérées.

De plus, au fédéral, Guy Verhofdstadt, était venu nous rechercher pour sauver la situation et nous avions décidé, ce ne fut pas facile, de prendre nos responsabilités en participant au gouvernement. Les postes choisis nous y placent comme des remparts pour celles et ceux qui sont les premières victimes de la crise et qui ont le plus besoin de nous.

 

En toute logique, tout aurait donc du bien se passer. Mais logique et politique ne riment pas toujours et c’est souvent ce à quoi on ne s’attend pas qui arrive.

Car le président des libéraux du MR est un obstiné, un obsédé presque maladif. Lui et les responsables de ce parti n’avaient plus qu’un objectif après l’échec de l’« orange bleue » :   Nous mettre dehors à la Région et à la Communauté… et cela pour longtemps.

 

Pour cela deux axes au MR :

 

-          Le premier axe du MR : nous affaiblir par n’importe quels moyens  - même peu recommandables – pour nous rendre « infréquentables » et aussi, faut il le dire, en utilisant les bâtons que certains d’entre nous leur donnaient pour se faire battre, et donc aussi nous faire battre…

 

Selon des méthodes connues, « mentez ! mentez ! il en restera toujours quelque chose » ou encore « aussi longtemps qu’on parle des autres, on ne parle pas de ses problèmes » et « il vaut mieux identifier un bon ennemi extérieur pour garantir ensuite son intérieur ».

 

Mais au MR, et dans le chef de son Chef, pour la deuxième fois, l’obstination sera aveuglante. Cette obstination, l’exagération, l’incapacité d’assouplir ou d’adapter la stratégie vont provoquer sa perte…passagère.

 

D’autant plus qu’en face, chez nous, le président avait globalisé les enjeux. Ce qui a eu pour effet, chez nos militants, nos sympathisants, nos électeurs mais aussi chez un grand nombre de citoyens, de susciter un réflexe selon lequel trop, c’était trop, et qu’en ces temps de crise, on a besoin de socialisme, ce qui est aussi vrai en Brabant Wallon ;

 

 

 

 

-          Le deuxième axe du M.R. consistait à nouer des alliances, principalement avec Ecolo (ex. : Amay et le Brabant Wallon) et avec tout ce qui au CDH permettrait un retour au conservatisme inégalitaire et à courte vue.

 

Mais pour la seconde fois en une courte période, tout ce qu’on prévoyait (notamment par les sondages relayés abondamment) ne s’est pas produit.

Le PS, malgré cette campagne infâme, n’a pas connu en effet le sort qui lui était prédit. L’arithmétique électorale, mais aussi le bon sens ont imposé la révision des stratégies dans les états major politiques.

 

Un après élection atypique

 


Il faut laisser du temps au temps disait Mitterrand. C’est ce qui s’est passé puisque de façon prévisible  mais assez inattendue, Ecolo et CDH ont d’abord entamé ensemble une prospection des intentions des uns et des autres pour décider, séparément, mais de façons convergentes d’un partenariat pour une éventuelle coalition.

 

L’olivier fut préféré à la jamaïcaine (et l’olivier du PS préféré au MR) à Bruxelles et en Wallonie dans une heureuse symétrie.

 

Pendant de longues semaines, présidents, autres responsables et techniciens se sont employés à produire un pré accord que nous avons à évaluer aujourd’hui.

 

Analyse et méthode de travail

 


Vous avez sans doute, toutes et tous, pris connaissance des synthèses remarquables réalisées par la presse des 500 pages d’accords. Je ne vais donc pas vous faire l’affront de les paraphraser.

 

Je vous propose d’essayer ensemble de trouver les réponses aux questions que nous nous posons. (N.B : certains volontaires désignés ont tout lu…)

Nous enregistrerons vos remarques, commentaires, appréciations et objections pour les répercuter là où il faut.

 

De plus, deux documents de synthèse des acquis socialistes vont vous être remis.

J’ai estimé qu’il serait malvenu, peu correct, de nous limiter à énoncer ces multiples acquis car ce serait aussi donner l’impression de vouloir tirer toute la couverture à nous.

 

Analyse :

 

Premier motif de satisfaction : La cohérence.

 


J’ai la conviction que chacun autour de la table a obtenu des choses et que chacun a dû mettre de l’eau dans son vin, c’est cela un vrai compromis.

Mais j’ai aussi la conviction à la lecture des textes, que le résultat forme un tout  cohérent et n’est pas la superposition de couches, d’idées et de projets venant de ci de là comme pour certaines lasagnes indigestes.

 

Un deuxième motif de satisfaction : La terminologie retenue.

 

Dans le contexte de crise financière, on  aurait pu craindre un repli frileux, conservateur…

Au contraire, malgré ce contexte, on parle d’ambition. Certes, on parle aussi de rigueur, mais rigueur ne veut pas dire austérité aveugle. On parle de rigueur pour un nouveau modèle dynamique pour l’espace Wallonie-Bruxelles, l’espace francophone.

 

Il s’agit là d’une affirmation forte, d’une cohérence forte dont nous avons besoin pour faire face à l’autre communauté qui affiche déjà les signes de son intransigeance en annonçant, par exemple, son engagement à refuser de ratifier la convention sur la protection des minorités. Nous devons donc être prêts à nous faire entendre pendant la présidence européenne de 2010.

 

On affirme notre confiance forte en nous.

Il s’agit là d’affirmations progressistes à l’opposé du regressisme.

 


Troisième motif de satisfaction : Les objectifs annoncés
.

 

L’émancipation, l’épanouissement, la solidarité, l’intérêt général, la tolérance, l’initiative, les talents…autant d’engagements à nous socialistes pour un monde plus juste et plus solidaire.

A cet effet, la dimension de solidarité internationale est présente et le projet de formation citoyenne, pour lequel je me bats depuis des années, est cette fois plus élaboré.

 

Quatrième motif de satisfaction : La méthode et les priorités

 

La méthode est sérieuse, les priorités rejoignent énormément de projets et autres réalisations qui ont vu le jour en Brabant Wallon (ou ailleurs) ou qui s'y sont développés.

Ainsi, j’ai parlé de capital Humain comme de la richesse de l’armée dans mon plan stratégique en 2000.

Dans de nombreuses interventions nous avons parlé en Brabant Wallon des « métiers du bonheur » qui s’approchent de ceux « du cœur ».

 

Valmy Féaux en 1981 parlait déjà de la qualité de la vie en plus et du cadre de vie des citoyens.

En 1994, j’ai parlé de cours d’apprentissage à la citoyenneté en citant, comme dans l’accord, René Remond : « on ne naît pas citoyen, on le devient ».

 

Ensuite, comment ne pas adhérer pleinement à cet engagement d’éviter l’écueil de la défense d’intérêts catégoriels ou trop individuels pour poursuivre les valeurs fortes de la solidarité, ou encore d’éviter les saupoudrages ?

 

Il faudra seulement veiller à vraiment toujours faire ce que l’on dit, et surtout éviter que la main droite n’ignore pas ce que fait la main gauche.

 


Cinquième motif de satisfaction : le sérieux budgétaire, l’honnêteté intellectuelle, le réalisme.

 

« Ne rien promettre de ce qu’on ne saurait tenir ! »

 

Le travail s’appuie sur la réalité budgétaire en toute transparence. Cela a nécessité du courage dans les choix.

 

Ce sérieux budgétaire se place aussi dans la cohérence globale au niveau de la Belgique.

Le déficit est devenu énorme suite à la crise financière, tel Sisyphe, il faut reprendre l’effort.

Il a été décidé que la région ne pourrait tout supporter…mais il a aussi été décidé d’assurer les engagements antérieurs, notamment dans l’enseignement.

Il a été décidé de poursuivre  la politique dans les secteurs d’avenir, ceux de l’enfance et de la solidarité.

 

Il y aura donc des économies mais il y aura aussi des politiques dans des domaines aussi prioritaires que l’enseignement, et bien entendu la poursuite du plan Marshal accentué et verdi (Plan Marshal 2. vert)

Les économies seront concertées, étalées dans le temps et interviendront après examens approfondis des situations existantes ou évaluations sérieuses du fonctionnement et des risques. C’est ce que j’appelle le réalisme.

 

Sixième motif de satisfaction : La multiplication des synergies entre Régions et Communauté.

 

Je pense notamment au secteur des bâtiments scolaires et autres, mais aussi à l’administration  (statuts médiation, statistiques, études,…)

 

Vous ne m’en voudrez pas de vous parler d’un septième sujet de satisfaction, double celui-là, le caractère très développé du chapitre sur l’enseignement dans toutes ses facettes (sans oublier par exemple les malentendants) mais aussi de la politique de la petite enfance, parce que nous retrouvons dans ce chapitre des idées, qu’ici en Brabant Wallon, nous avons développées dans notre document sur l’enseignement : « Ecole, lieu d’épanouissement et de bien être ».

 

La véritable politique de citoyenneté active dont je parlais il y a un instant, passage obligé si on veut réconcilier les jeunes, les citoyens, avec la gestion de la chose publique, la gestion de la cité.

 

Autre fierté du Brabant Wallon, « les maisons communales d’accueil de l’enfance » ou les créations de crèches dans les zones d’activités économiques dans le cadre de l’IBW.

 

Si aujourd’hui on parle de « bassin de vie », il faut savoir que dans le bassin scolaire du Brabant Wallon, la société publique des bâtiments scolaires fait figure de pionnière dans la gestion sobre et fonctionnelle du patrimoine et préfigure sans doute ce qu’il faudrait faire en matière d’infrastructures en Région et Communauté.

 

Cela permettra sans doute d’éviter des dépenses inutiles après l’évaluation des besoins d’éventuelles nouvelles implantations. Cela permettra aussi de faire de sérieuses économies.

 

Enfin, vous ne m’en voudrez pas de m’attarder quelques instants sur la bonne gouvernance, les provinces, les futures communautés de Commune, les cumuls de mandats.

 

Je m’y attarde quelques instants seulement car il n’y a pas que cela quoiqu’on en dise et puis parce qu’en Brabant Wallon on a été des précurseurs dans le bon sens.

 

Ainsi lorsque nous nous somme battus pour la création de la Province du Brabant Wallon, pour éviter de devenir une zone de « seconde zone » nous avions dit que 3 ou 4 Députés permanents suffisaient et que 56 Conseillers provinciaux c’était de trop. A l’époque on n'a pas voulu que le Brabant Wallon fasse exception ou crée un précédent.

Aujourd’hui on en revient à la raison et à partir de 2012 on sera proche de la configuration prévue initialement (-50% de députés provinciaux, -30% de Conseillers provinciaux et des matières revues).

Ensuite, nous avons développé activement les partenariats et déjà, nous considérions à l’époque les intercommunales comme les « bras armés » de l’action sur le territoire du BW.

 

Le bassin de vie : Nous y voilà !

 

Nous travaillons déjà dans cette perspective de Communauté de Communes, notamment au sein de la Table ronde « BW Horizon 2020 » qu’il faudra relancer et adapter dès après les vacances.

 

Enfin, en ce qui concerne les cumuls et autres règles éthiques, des propositions concrètes et rapides sont formulés, nous ne pouvons qu’y adhérer, et nous n’avons d’ailleurs pas beaucoup de problème pour y adhérer dans notre fédération en particulier.

 

Je l’ai dit et je le répète : je n’ai aucun problème à être un radical de l’éthique quand ce qu’on propose est plus qu’un effet d’annonce sans lendemain. Il ne faut jamais promettre de choses qu’on ne peut pas tenir.

 

En ce qui concerne les autres chapitres, vous le verrez, ils apportent beaucoup de points positifs

 


Considérations finales

 


L’ensemble est vaste et complet mais ne pourrait sans doute pas être mis en ouvre en une seule législature.

 

Il faudra réfléchir comme si on était là pour un siècle et agir comme si on devait partir demain.

 

Il n’y aura pas beaucoup de temps à perdre en rodages et en apprentissages divers. C’est l’expérience et l’opérationnalité immédiate des acteurs qui garantiront le succès du projet, en même temps que la cohésion des équipes et la cohésion avec la direction des partis.

 

Le pari est difficile. Pour le réussir seules la cohérence et la confiance le permettront.

 

Je crois que la méthode de mise en œuvre risque de prendre du temps.

 

Dans certains domaines en effet arrivent des règles nouvelles, beaucoup de règles nouvelles qui, si on n’y prend pas garde , risquent de ralentir, voire immobiliser, étouffer, paralyser de bons projets, de bonnes idées, de bonnes initiatives alors qu’il faudrait surtout simplifier et ne pas ajouter de nouvelles couches administratives.

 

Il faudra beaucoup décider ...et vite.

 

Il faudra laisser du temps à l’étude, à l’évaluation (Par exemple, la mise sur pied d’un moratoire quant à la création de parc à éoliennes en BW), à la concertation mais privilégier l’action.

 

Les bases sont là, elles sont nombreuses, bonnes et solides.

La vision est là, elle est aussi réaliste, elle a du souffle et donne des perspectives.

 

Le défi est maintenant de mettre tout en œuvre en agissant avec discernement sans jamais oublier le bon sens, en privilégiant le pragmatisme, en honorant le mandat que nous a donné l’électeur.

 

Jean Jaurès disait : « aller à l’essentiel sans oublier le réel ». C’est ce qu’on a fait aujourd’hui et ce qu’il faudra faire dès demain. 

 

André Flahaut

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Un petit Belge 20/07/2009 17:21

Bonne fête nationale à Mr Flahaut et à tous les Belges qui lisent ce blog!

Djote 17/07/2009 15:39

Bonjour,

je viens de parcourir les déclarations de majorité de l'Olivier mis en place. Au niveau Communauté Francaise, il faut comprendre que le gouvernement va supprimer le concours pour les médecins (numerus clausus) tant décrié. Néanmoins, le gouvernement va également supprimer l'examen d'entrée chez les ingénieurs civils alors qu'aucun acteur dans ce second cas n'a jamais remis en cause le principe de l'examen. Les Flamands reviennent en arrière; le principe de l'examen donne toutes ses chances à l'étudiant (pas de "concours" -> pas de quota dans ce cas !!!); enfin l'examen évite le bain de sang pour environ 20 à 30% des étudiants en fin de première année à l'unif.

Question: le PS peut-il motiver davantage son choix ?

kanusagi fuad 14/07/2009 19:42

Monsieur,
J'espère que tout se passera pour le mieux pour la suite et que la prochaine campagne ne soit plus stressante(à cause des attaques de l'axe du mal!)

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