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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


C'était il y a un mois, c'était hier, ...et ensuite ?

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 22 Avril 2016, 17:49pm

Catégories : #Billets d'humeur

Zaventem, Maelbeek, et tout ce que nous savons des drames, des douleurs, des discours compassionnels, des minutes de silence, le traumatisme de tout un peuple, quelques dérives, une commission d'enquête,...la vie reprend son cours, l'espoir que nous retournerons au "comme avant". Et les assurances qui font leurs comptes.

Mais le "comme avant" est un leurre, tout particulièrement pour les victimes.

A ce jour, nous sommes encore dans l'émotion et l'attention, mais passeront les mois, les années, le monde continuera de tourner, distrait par d'autres événements, occupé par de nouvelles priorités. Les victimes de Zaventem, comme celles du métro de Maelbeek seront effacées du paysage médiatique, on parlera d'autre chose. On fera "comme avant".

Ce que les victimes ne pourront jamais faire. Les courants de solidarité aujourd'hui mis en place se dilueront dans le temps et elles devront s'accommoder d'un autre abandon : celui de la société.

Ma proposition est celle-ci : donner à ces personnes un statut, les "assimiler" au concept de "victimes de guerre".

Certes, je sais qu'un attentat terroriste n'est -à ce jour- pas considéré comme un acte de guerre au sens propre. Les Nations Unies elles-mêmes ne sont toujours pas arrivées à une juste définition à valeur juridique. Mais je veux faire confiance à nos juristes pour répondre à cet obstacle. On m'opposera qu'un certain nombre d'acteurs s'occupent déjà des victimes : les assureurs, la Commission d'aide aux victimes d'actes intentionnels de violence,...mais je sais aussi que les victimes sont et seront confrontées -bien souvent hélas pour le reste de leur vie- à toutes sortes d'écueils, de charges administratives, de batailles juridiques et autres entraves à leur difficile sérénité.

Les victimes de Ghislenghien (juillet 2004) ont dû attendre et subir des années de procès, de controverses, de combats, au-delà de leurs deuils et/ou de leurs souffrances physiques. Et ce n'était "qu'un accident". Les victimes de la tuerie de Liège en 2011 attendent elles aussi.

Pas de connotations politiques, pas de revendications terroristes pour ces deux exemples, mais de terribles expériences qui, me semble-t-il, peuvent confirmer la nécessité d'un suivi, d'un accompagnement de longue durée des victimes.

C'est une des missions de l'Institut des Vétérans : l'assistance sociale et morale des victimes (de guerre).

Il m'apparaît que les victimes des attentats pourraient y avoir leur place.

Les discours ont fait leur temps. Soyons concret !

André Flahaut

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