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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


Quelques réflexions personnelles sur le secteur de l’agriculture

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 16 Octobre 2015, 12:17pm

Quelques réflexions personnelles sur le secteur de l’agriculture

L'agriculture : un secteur méconnu, parfois décrié, un secteur méritant, en grande difficulté, un secteur pourtant vital pour chacun d’entre nous.

J’ai organisé, il y a quelques jours, une soirée à l’attention des agriculteurs et de toutes les personnes intéressées par la problématique de cette part importante de notre économie.

Mais il ne s’agit pas que d’une question d’économie, il s’agit du présent et de l’avenir d’un secteur qui impacte considérablement notre quotidien.

Se posent prioritairement les questions directement relatives aux personnes, aux agriculteurs, à leur famille, à la pérennité de leur entreprise, de leur patrimoine familial, au futur de leurs enfants et de la profession. On insiste sur le rôle des femmes, sur la reconnaissance de ce rôle, sur leur importance de leur implication. On souligne la difficulté des jeunes à reprendre l’affaire, de leur tentation de reconversion, de la disparition des fermes.

Se posent les questions de notre environnement, de sa protection, de son maintien.

Se posent les questions du développement ou de la disparition des zones rurales.

Se posent les questions relatives à la sécurité et à la qualité de notre alimentation, de la responsabilité des agriculteurs, de leur capacité de résister aux lobbys et autres exigences de rentabilité, de nos légitimes exigences de pouvoir consommer des produits sains et sans danger.

Se posent les questions du prix raisonnable : celui que doit recevoir l’agriculteur, celui que le consommateur peut payer, afin que les uns comme les autres puissent arriver à un consensus équilibré et correct.

Se posent les questions de la production, de l’approvisionnement, des surproductions et subséquemment de l’Europe et de la PAC.

Se posent les questions du repositionnement vers une agriculture « bio », une agriculture capable de se reconvertir et de se diversifier dans des circuits annexes.

Se posent les questions de la simplification administrative, de la complexité des procédures imposées, de la lourdeur des charges financières, du rapport avec les grands distributeurs,

Se posent encore bien d’autres questions ….

Le débat existe, il a été ouvert, des responsables politiques sont prêts à entendre l’ensemble des acteurs de terrain et à soutenir leurs légitimes revendications.

Mais le débat ne suffit évidemment pas.

L’avenir de l’agriculture dans nos régions est une cause commune.

C’est un combat de proximité tant en ce qui concerne les emplois que la qualité de nos paysages, de notre environnement, de notre cadre de vie.

C’est une nécessité d’équilibre entre les terres et les zones urbanisées, de juste équilibre dans la répartition des revenus de la terre ou des élevages.

C’est une impérieuse opportunité de solidarité : nous sommes tous des consommateurs, nous pouvons tous être les acteurs d’un système, par définition, « gagnant-gagnant ».

L’union dans l’action vaut également plus largement, tant au niveau belge qu’au niveau européen.

Pour mieux y répondre, il est clair qu’il y a lieu de maintenir et de développer la communication, en interne comme en externe, entre agriculteurs et professionnels du secteur tout autant que vers les consommateurs, actifs ou potentiels.

Certes, ces dernières années, les fermes se sont ouvertes pour des visites d’écoles, des « week-end à la ferme » en formule gîte, notamment, et les problèmes ont été largement médiatisés mais l’information doit être constante, répétée, clarifiée. Il faut que le citoyen, le consommateur, prenne réelle conscience des enjeux qui le concernent aussi, à titre personnel.

Il y a lieu, par ailleurs, de se souvenir que l’agriculteur n’est plus le « simple » paysan d’antan. S’il reste certes, un homme de la terre, connaisseur des saisons, il est aussi un chef d’entreprise moderne, un gestionnaire qui a du s’adapter aux évolutions technologiques. Il est céréalier le matin, comptable le soir. Il est éleveur, maraîcher, sylviculteur, …, dépendant de la météo ou étouffé par les contraintes administratives, il est un travailleur clairement polyvalent dont les heures ne sont jamais comptées, dont le revenu est bien trop souvent inversement proportionnel au travail accompli voire inférieur au salaire minimum.

La conjugaison de ces divers éléments aboutissant parfois au drame, ne passons pas cela sous silence !

Cette multidisciplinarité du monde agricole ne doit pas être ignorée. Le secteur de l’enseignement et des diverses formations a un rôle d’assistance non négligeable à jouer.

Les contraintes du métier laissent peu de temps à la formation. Les agriculteurs, les éleveurs sont souvent obligés d’être aussi de grands autodidactes.

Les évolutions technologiques, les découvertes scientifiques, les méthodes et les outils de travail obligent et obligeront de plus en plus d’adaptations et donc de formations.

Des réponses destinées à faciliter la vie des agriculteurs (et de leur famille) devront également venir du monde politique, des administrations, des communes. Je pense, notamment, à l’aménagement du territoire, aux baux à ferme, … et aux spéculations foncières, ….

Et pourquoi pas à la mise en place de coopératives ?

Sans doute n’ai-je pas fait entièrement le tour de la question, c’est impossible, mais j’ai souhaité mettre en lumière un certain nombre de questions, rappelant que l’agriculture, c’est notre patrimoine, c’est l’identité de nos territoires ruraux, c’est une part essentielle de notre avenir, c’est un atout pour notre économie, ce sont des hommes et des femmes qui y croient, qui s’efforcent de maintenir et de développer la production de produits de qualité (goûteux, sains et sans danger).

C’est notre intérêt, notre responsabilité, notre chance.

Méritons-là.

Partageons nos efforts pour la garder.

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