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André Flahaut

André Flahaut

Ministre d'État, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Président honoraire du Parlement


PARLEMENT DE LA FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES: QUELQUES EXTRAITS DE MON INTERVENTION.

Publié par le Blog d'André Flahaut sur 19 Décembre 2014, 18:03pm

En attendant le compte-rendu intégral de la séance du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles du 17 décembre relative aux budgets 2014 et 2015, voici quelques extraits de mon intervention :

« Je vais me faire l'interprète de mes collègues du gouvernement pour apporter un maximum de réponses aux questions posées depuis ce matin. (…)

(…) J'ai également exprimé mon souci permanent de transparence – en témoignent les annexes jointes au budget – et ma volonté de déposer les budgets des organismes d'intérêt public.

(…) Nous entrons en effet dans un monde nouveau. Tout le monde devra s'habituer à travailler dans ce contexte européen et il faut amener progressivement les uns et les autres à comprendre et à accepter cette nouvelle réalité, même s'ils considèrent qu'ils ne seront jamais touchés par les mesures budgétaires européennes. Nous avons donc essuyé les plâtres.

Je commencerai par les questions de Mme Bertieaux et de MM. Doulkeridis et Bouchez. Je ne nierai pas les ratés qui se sont produits au démarrage. Nier l'évidence, ce serait mentir et je n'ai pas l'habitude de mentir. Nous tenterons d'améliorer la mécanique l'année prochaine.

Je rappelle également mon engagement, dans ces circonstances particulières, à fournir des chiffres quand je les ai. (…)

Dans le débat sur la déclaration de politique communautaire, certains ont affirmé que nous étions dépourvus de toute vision. Ils nous ont à nouveau adressé ce reproche pendant le débat budgétaire. Je suis au contraire d’avis que notre budget est le reflet d’objectifs ambitieux dans des domaines aussi variés que l’enseignement, l’enfance et l’emploi.

C’est aussi et surtout un budget honnête. Mme Bertieaux a concédé que des économies étaient nécessaires. Ces économies sont inévitables. Tout dépend de la manière de les réaliser. Notre façon d’agir est moins brutale et nous respectons la concertation sociale. Je préside le comité de secteur 17 et je puis vous dire que la concertation nous a été bien utile, notamment pour l’aide à la jeunesse et les maisons de justice.

(…)

La rigueur n’est pas un gros mot, c’est une affaire sérieuse ! Elle est le contraire de l’austérité aveugle et non-concertée. (…)

J’en viens à l’encadrement différencié : les négociateurs ont défini un cadre, une trajectoire, en juillet. Ils n’ont pas enfermé les ministres dans les dispositions arrêtées à ce moment-là. Ils nous ont laissé une liberté suffisante pour écouter les acteurs des secteurs concernés et faire éventuellement un détour pour atteindre l’objectif.

Mme Milquet a parlé d’une future évaluation. Ces évaluations ne sont jamais superflues. Nous avons toutefois rappelé que notre objectif en termes d’emploi serait maintenu. L’évaluation budgétaire sera faite suffisamment tôt pour permettre aux directeurs d’école de prendre les engagements pour organiser la prochaine rentrée. D’ici là, rien ne change. Cette adaptation de la disposition sur l’encadrement différencié est intelligente.

Le dossier des bâtiments scolaires est très important. Il faut jouer sur les synergies à tous les niveaux. Plusieurs d’entre vous ont souligné l’importance des bassins scolaires. Des opérations intéressantes seront possibles dans certains d’entre eux, notamment pour les bâtiments scolaires. Il est possible de réaliser de nombreux projets, par exemple dans la province du Brabant wallon qui connaît une forte poussée démographique. Il faudra faire des réévaluations. Il sera possible de faire tomber les cloisons et construire où c’est nécessaire. Mais la rénovation est prioritaire, là où elle est possible.

Il est urgent d’établir un cadastre, pas seulement des bâtiments scolaires mais bien de tous les immeubles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. (…)

Tous les textes relatifs à l’aide à la jeunesse et aux maisons de justice, et particulièrement ceux portant le statut du personnel, ont été adoptés par le gouvernement, négociés avec les organisations syndicales et approuvés à l’unanimité. Certes, cela ne s’est pas fait sans tensions mais celles-ci relevaient plutôt d’incompréhensions chez des personnes déjà inquiètes par ce transfert de compétences. J’ai déjà connu cette atmosphère pendant les précédentes réformes de l’État de 1980 à 1990 et nous avons réagi directement en ouvrant une sorte de permanence téléphonique tenue par M. Madrane et moi-même pour réagir immédiatement à chaque question.

Quant à mes compétences, le Budget, il s’agit d’une compétence transversale tout à fait cohérente. Avec la Présidence du gouvernement, je veillerai à maintenir cette cohérence en respectant tant mes collègues que le parlement dans toutes ses composantes et l’administration.

(…)

Dès les premières réunions du gouvernement, le ministre Collin a pris conscience du fait que l'héritage n'était pas facile mais qu'ensemble, nous pourrions évaluer précisément les dépenses nécessaires pour promouvoir le sport, sans pénaliser le sport pour tous.

Nous avons beaucoup parlé de la dimension internationale de notre Communauté, qui mérite d’être revalorisée. (…) Avec WBI, un travail important doit être entrepris pour que rayonne notre Communauté.

(…)

Dans le contexte international de la francophonie que je viens d’évoquer, nous avons intérêt à affirmer sans cesse les liens entre la Wallonie et Bruxelles et à rechercher la cohésion. Deux ministres proviennent de la Région bruxelloise. L'un d’eux est responsable des relations avec la Cocof et de la promotion de Bruxelles. Il représente le maillon fort entre la Wallonie et Bruxelles et est chargé de rechercher des synergies. Ce n'est pas au cours de réunions entre ministres que l'on parvient aux meilleures solutions. Ce ne sont pas non plus les rencontres entre techniciens qui produisent les meilleurs résultats. Il faut créer un climat et une relation propices à la construction commune.

(…)

Monsieur Doulkeridis, nous sommes d'accord : rigueur, culture et services publics ne sont pas des gros mots. Vous dites qu'il n'y a pas de nouveau souffle. Je suis désolé : ce budget affirme des objectifs, il fait preuve de réalisme, il a un ton différent et résulte d’une concertation permanente. Nous voulons rassurer la population qui fait face à un contexte particulièrement inquiétant.

Je répète ce que j'ai déjà dit en commission : je préfère une réforme qui se réalise qu'un miracle qui ne se produira jamais. Il faut éviter les effets d'annonce et les constructions administratives qui, sous prétexte de transparence, compliquent la gestion de la cité. Il faut dire ce que l'on va faire et surtout faire ce que l'on a dit, ne pas faire de promesse qu'on ne pourrait tenir et éviter l'hypocrisie. Il ne faut pas que notre main gauche ignore ce que fait notre main droite. Le budget est honnête, il est tout sauf hypocrite.


Il faut aussi avoir le courage de réexaminer quelquefois ce que nous faisons les yeux fermés. Ne pourrions-nous pas avoir de meilleurs résultats autrement, en faisant disparaître les cloisonnements verticaux et horizontaux grâce à de meilleures synergies ? Voilà la philosophie du travail que je mènerai pendant l'année 2015.

Nous ne spéculons pas sur le saut d'index. Nous ne savons pas encore s'il se produira ou pas. Ce qui est certain, c'est que c'est une mauvaise idée.

Nous sommes dans un État fédéral, ce qui implique un engagement à faire fonctionner les institutions. Même si en tant que francophones nous y sommes très peu représentés, il faut faire en sorte que les institutions fonctionnent.

(…)

Il y a du travail, il y a beaucoup de travail. Autrement dit, il y a de la place pour tout le monde, y compris pour les initiatives parlementaires. Il faut sortir de cette logique selon laquelle les membres de l'exécutif s'approprient les textes. Valoriser les initiatives parlementaires nous permettra de gagner du temps et de satisfaire les uns et les autres. Il y a de nombreuses idées dans toutes les formations politiques.

(...)

Monsieur Warnier, les éléments de réponse de la ministre de l'Éducation que j'évoquerai plus tard vous démontreront que les écoles sont une des priorités de ce gouvernement et de Mme Milquet. Je suis heurté lorsque vous parlez de « conteneurs avec des rats ». Si vous en avez vu, invitez-moi, je vous accompagnerai. J'aime aller sur le terrain et je ne crois que ce que je vois. J'ai moi-même, à certaines époques, utilisé des conteneurs pour accueillir les écoles européennes et les militaires en opération. Nous n'en sommes plus aux vieux conteneurs d’antan. Si je me trompe, amenez-moi sur place.

Monsieur Puget, si le budget était aussi inodore, incolore et insipide que vous le dites, il ne susciterait pas autant de questions et de discussions. Le cadre institutionnel nous est donné. On peut toujours imaginer recréer une Belgique unitaire, on peut toujours imaginer supprimer les provinces, mais on n'entre pas dans l'Histoire à reculons. Faisons fonctionner la Belgique d'aujourd'hui et évitons de tomber dans les slogans !

(…)

En ce qui concerne l'ajustement 2014, il n'y a pas de dérapage. Le solde net à financer reste à moins 92. Les paramètres de croissance, utilisés dans l’initial 2015, sont ceux qui ont été émis par le Bureau du Plan en septembre dernier. Il est clair qu'il faudra l’adapter dans les mois qui viennent. Quant à la trajectoire, elle tient compte du déficit de 170 millions d’euros en 2015 pour arriver à l'équilibre en 2018 à l'instar des autres entités fédérées du pays.

(…)

M. De Bock m'a posé une question sur la norme Cocof, à laquelle j'ai répondu. La cohésion Wallonie-Bruxelles est fondamentale et je ne voudrais pas que l'on tombe dans le sous-localisme car c'est l'antichambre du nationalisme, et l’on sait où cela peut mener. »

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